Homil. in Matth., 8, p. 147. édit. Gaume
2. Il faut aussi signaler un précieux tableau de rintérieur des mo-
dont nous détacherons une page curieuse qui a conservé jusqu'à nos jours une étrange et doulouy reuse opportunité.
Il y constate l'effet que devait produire sur Fâme des pauvres le contraste de la vie monastique avec les fêtr's, les pompes, les débauches et les prodigalités de la richesse. Il suppose un homme du bas peuple transporté tout à coup au milieu des théâtres de Gonstantinople, où la volupté usait de toutes ses ressources pour stimuler les appétits blasés des l'iches du Bas-Empire, et il ajoute : « Ce pauvre homme sera irrité de ce spectacle; il se dira en luimême : « Voilà telle prostituée, tel débauché, en- (( faut peut-être de bouchers et de cordonniers, et (( même d'esclaves, les voilà qui étalent tout ce (( luxe : tandis que moi, homme libre, né de pa- « rents libres, qui gagne ma vie en travaillant hon- (( nêtement, je ne puis pas jouir même en rêve d'un (( bonheur pareil ; » et cela dit, il s'en ira pénétré de douleur et de colère. Mais auprès des moines, il éprouvera une impression toute contraire. Là il verra les fils des riches, les rejetons des plus illustres races, couverts de ^ êtements dont les derniers indigents ne voudraient pas, et tout joyeux
naslères et une comparaison de la vie monastique avec la vie séculit're dans les Homélies sur la P^ Épitre à Timothée, t. XI, p. 476- 479, édil. Gaume.
de cette mortification. Jugez combien sa pauvi^eté lui en paraîtra plus douce! Lorsqu'au théâtre la courtisane se montre toute parée et dorée, le pauvre Imrle de colère en pensant que sa femme à lui ne porte et ne possède rien de pareil ; et le riche revient chez lui enflammé par ses souvenirs et déjà prisonnier de ses désirs coupables, pour y mépriser et y maltraiter sa femme. Mais ceux qui revienvent de a isiter les moines n'en rapportent que la paix et le bonheur : l'épouse retrouve son mari délivré de toute convoitise injuste, plus doux, plus facile, plus tendre qu'auparavant. Le pauvre s'y console de sa pauvreté, et le riche y apprend la vertu et l'abstinence ^ »
Sans doute ce coup d'éclat ne mit pas im terme aux persécutions dont les moines étaient victimes. On continua à les vilipender, à les vexer, à sévir contre eux toutes les fois que le pouvoir impérial, comme il arrivait le plus souvent devenait la proie ou l'instrmnent de l'hérésie. Une loi de Valentinien II ordonna en 390 à tous les religieux de vider les villes, où ils étaient de plus en plus nombreux depuis saint Basile, et de se retirer au désert ". Mais elle fut abrogée par Théodose.
1. s. JoAMN. CHRYS0ST.,^;^ MciUIi. homil. 68, édit. Gaiime, t. VII. p. 761,