‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 138 sur 219 · Canons 16 et 2i · texte numérisé non relu

Canons 16 et 2i

faiblissement et la stérilité dont le christianisme oriental a été la victime. On vit s'éteindre un à un et disparaître des pages de l'histoire ces glorieux foyers de lumière, de. science et de vie, que les Antoine, les Hilarion, les Basile, les Ghrysostome, avaient animés de leur flamme céleste. Pendant que les moines d'Occident, sous l'action vivifiante de la Chaire romaine, luttaient victorieusement contre la dissolution de l'ancien monde, convertissaient et civilisaient les peuples barbares, transformaient et épuraient les éléments nouveaux, conservaient les trésors de la littératm^e ancienne et maintenaient les traditions de toutes les sciences sacrées et profanes, les moines d'Orient s'enfonçaient graduellement dans le néant. Enivrés par la double influence de l'esprit de cour et delà discorde théologique, ils subirent toutes les influences délétères de cette société énervée, ^ont la caducité avait le despotisme pour conséquence et pom^ châtiment, où la mollesse des mœurs assm^ait à tous les caprices du pouvoir un irrésistible ascendant et à tous ses excès une constante impunité. Ils ne surent ni rajeunir la société qui les entourait ni s'emparer des nations païennes qui arrachaient chaque jour quelque fragment nouveau de l'empire. Ils ne surent pas davantage préserver l'Eglise du souffle pestilentiel de l'esprit byzantin. Le dépôt du savoir an-

EN ORIENT. Ul

tique échappa lui-mênie à leui's débiles mains. Ils n'ont donc rien sauvé, rien régénéré, rien relevé.

Ils ont fini, comme tout le clergé d'Orient, par être esclaves de l'islamisme et complices du schisme. Depuis lors dix siècles ont passé sm^ lem^s têtes sans qu'un jour ait interrompu leur déchéance ou préparé la régénération de l'avenir.

Il en a été de la religion comme de la gloire des armes et de la splendeur des lettres. D'après une loi mystérieuse, mais incontestable, c'est toujours d'Orient en Occident qu'ont marché le progrès, la hunière et la force. Ainsi que la Imuière du jour, elle naissent en Orient, mais pour monter et briller de plus en plus à mesure qu'elles avancent vers r Occident.

Comme l'empire du monde avait passé des Asiatiques aux Grecs et des Grecs aux Romains, ainsi la vérité passe de Jérusalem à Rome. La vie monastique se fonde en Orient comme l'Eglise; mais comme l'Église aussi, elle n'acquiert sa véritable force qu'en Occident. C'est là qu'il nous faut la suiATe et l'étudier pour l'admirer dans sa complète et durable grandeur.

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