‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 141 sur 219 · Flelry, Hist. ecclés., I. xii, c · texte numérisé non relu

Flelry, Hist. ecclés., I. xii, c

des martyrs : ils .nous ont conservé l'histoire de sainte Aglae, noble et riche dame romaine, qui vivait dans le luxe et le désordre avec Boniface, le premier d'entre les soixante-treize intendants qui l'aidaient à gouverner ses vastes domaines. Après que cette coupable liaison eut duré plusiem^s années , Aglaé touchée de componction , et ayant ouï dire aux chrétiens que ceux qui honoraient les saints martyrs auraient part à leur protection devant le tribunal de Dieu, envoya Boniface en Orient pour y chercher les reliques de quelque martjT, afin de leur bâtir un oratoire. « Madame », dit l'intendant en parlant à sa maîtresse, « si mes reliques a^ous a viennent sous le nom de martyr, les recevrez- (( vous? » Elle le réprimanda de cette plaisanterie, mais c'était une promesse : il mourut martyT après de cruelles tortures volontairement subies, à Tarse (299 ou 305) . On rapporta son corps à Aglaé, (jui le reçut avec un grand et tendre respect, et, après l'avoir déposé dans une chapelle construite à cinquante stades de Rome, elle distribua tous ses l)iens aux pauvres, obtint ainsi la grâce d'une conversion complète, et prit le voile de religieuse avec quelques filles qui voiiliu'ent se vouer conmie elle à la pénitence. Elle vécut ainsi treize ans dans la retraite claustrale, et après que sa sainteté eut éclaté par plus d'un miracle, elle mom^ut et fut

enterrée dans la chapelle de Saint-Boniface ' .

Dès la paix de l'Église nne fille de Constantin avait fondé mi premier monastère de femmes andessus du tombeau de sainte Agnès, et au site même où, après avoir conquis l'immortalité dans lamémoire des hommes en bravant les juges et les bourreaux de l'empire, cette jemie victorieuse était apparue, au milieu d'une armée de vierges éblouissantes de blancheur, à ses parents en larmes, pour leur donner la certitude de son bonheur éternel".

Les récits d'Athanase n'en firent pas moins tout l 'effet d'une révélation. Ils enflammèrent les cœin^s et les imaginations des Romains et surtout des Romaines. Le nom de moine, qu'un préjugé populaire semblait déjà revêtir d'une sorte d'ignominie % devint aussitôt un titre honoré et envié. L'impression d'abord produite par les exhortations de l'illustre exilé dut s'étendre et se fortifier pendant les deux autres séjours qu'il fit dans la ville éternelle (342-349). Quelque temps après, saint Antoine étant mort, à la prière de ses disciples, Athanase écri\àt la vie du patriarche de la Thé-

1. AcT. SS. BoLLAND., die Uniaii, p. 281-283. Cf. Bulteau, Hist. monast. d'Orient, addit., p. 910.

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