s. HiERON., epist. 26, ad PammacJi
?.. MoKHLER, op. cit., p. 194. Les Bollaiulistes n'en disent rien. T.
, Octobiis, p. 424 et seq.
lors les deux plus illustres docteurs de l'Occident saint Jérôme et saint Augustin célébraient à Tenvi la gloii-e d'une race où tout le monde semblait naître consul, mais qui avait donné encore plus de vierges au Christ que de consuls à la république *. Leur enthousiasme avait pour ol3Jet une jeune religieuse issue de cette même race, Démétriade, dont le grand-père, le frère et les deux oncles furent consuls de 371 à 406. Après la prise de Rome par les Goths, elle se réfugia en Afrique avec sa mère Juliana et son aïeule Proba. Pendant que Proba cherchait à l'unir à l'im des jeunes seignem^s romains qui étaient leurs compagnons d'exil, la vierge Démétriade, s'inspirant du souvenir de sainte Agnès, rejeta toutes ses parures, se revêtit d'une tunique grossière, d'un voile plus grossier encore qui lui cachait toute la ligure, et alla se jeter en cet attirail aux pieds de son aïeule,
l.S. Auc.LSTiN.,epist. i7d,deConvers. DemetriacUs. — S. Hikron., epist. ad Demetriadem, c. 2, Cette même race a inspiré au poète Claiidien les vers suivants :
Quemcumque requires Hac de stirpe viruni, certum est de consule nasci. Per fasces numeranturaviscmperque renata Nobilitate virent, et prolem lata sequuntur, Continuum simili servantia lege tenorem : Nec quisquam procerum tentas, licet a^.re vêtus to Floreat, et claro cingatur Ronia senatu, Se jactare parem, sed prima sede relicta Aucheniis, de jure Hcet certare secundo. .. ^ . Paneg.de Prob. et Olybr. consul.
Ib8 LES PRÉCURSEURS MONASTIQUES
ne s'expliquant que par ses larmes. Après un premier moment de surprise, la mère et l'aïeule applaudirent au sacrifice. Toute l'Eglise d'Afrique s'en émut, et les deux plus grands écrivains du temps l'ont immortalisée dans leurs lettres. Saint Augustin félicita la mère et l'aïeule par une de ses plus éloquentes épîtres \ Saint Jérôme, bénissant la victime volontaire, compare l'effet de cette nouvelle à celui des journées où un consul victorieux relevait les espérances de la république abattue par quelque désastre.
Marcella était une jeune veuve dont le seul nom suffit pour rappeler les plus beaux jours de la république, et dont la rare beauté, rehaussée parla longue et illustre lignée de ses ancêtres, excitait la convoitise de nombreux aspirants - ; c'était Marcella qui, la première, avait accueilli les récits de saint Athanase et mis en pratique ses enseignements. Puis, quand saint Jérôme vint renouveler à Rome ces enseignements et ces récits, en y ajoutant l'exemple de sa propre vie, Marcella, avec sa mère Albine et la nobte Asella ^ , se place à la tète de