s. HiERON., loc. cit
2. Audio prœcedentiuin lurinas... Non sic Furiiis de Gallis, non Papirius de Saninitibus... Favebant sibi omnes in gloria pœnitentis. Ibid. — Fabiola mourut en 399.
entre les hontes de l'empire romain et les misères de l'invasion des Barbares, une gloire inconnue du passé : elle avait invente cette charité qui donne plus que du pain, plus que de l'or, la charité qui donne l'homme lui-même, la charité du moine et de la rehgieuse.
Dans la patrie de Lucrèce et de Porcia, trop longtemps souillée par des Livies et des Messalines, ces héroïnes chrétiennes achèvent l'histoire romaine et ouvrent les annales de l'Ordre monastique; elles lui lèguent des types de chasteté, de charité et d'austérité que nul n'avait encore égalés et que rien n 'a depuis surpassés. Autour d'elles se multipliaient à Rome les monastères d'hommes et de femmes, où chacun s'apprêtait par la prière, le jeûne, l'abstinence, aux formidables crises de l'avenir, et où les derniers rejetons des vieux et invincibles Romains attendaient la venue des Barbares. Quand Rome fut prise et saccagée poiu* la première fois par les Goths en 410, les soldats d'Alaric, en pénétrant dans la ville éternelle, trouvent Marcella calme et intrépide dans son palais monastique du mont Aventin, comme les Gaulois de Brennus avaient trouvé, huit siècles auparavant les sénateurs romains attendant la mort en silence sur leurs chaises d'ivoire, et, selon Tite-Live, semblables à des dieux. Ils demandent de l'or à cette vénérable mère des monas-
tèrcs romains ; ils refusent de croire à la pauvreté volontaire qu'attestait sa tunique grossière : ils l'accablent de coups de bâton et de fouets Elle demeure insensible à ces avanies, mais elle se prosterne devant les Barbares et demande grâce pouj' la pudeur de la jeune religieuse qui lui servait de compagne -.C'était en quelque sorte tenter l'impossible : ces bêtes féroces, conune dit saint Jérôme, qui envahissaient périodiquement l'empire, se plaisaient à prendre pour jouet de leur sauvage lubricité les corps délicats des nobles dames romaines, des femmes libres, des vierges consacrées. Et cependant, à force de larmes et de prières, elle triomphe de leur luxure. Ces obscurs Barbares renouvellent le sacritice qui a immortalisé le jeune Scipion; et Marcella, réfugiée avec celle qu'elle a sauvée auprès du tombeau de saint Paul, meurt comme ensevelie dans cette suprême et difficile victoire.
Toutes ces saintes et généreuses femmes nous ont été révélées par l'homme de génie qui fut leur contemporain, leur biographe, leur oracle. Pendant quarante ans (380-420), saint Jérôme, à Rome d'abord, puis à Bethléem, les instruit, les gouverne, les enflamme, les attire aux biens suprêmes. Il les ad-