s. HiERON., epist. 22, al, 25, ad Paulum
raffinements de la corruption. Salvien nous apprend que lorsqu'on voyait paraître dans les cités d'Afrique et surtout à Cartilage des hommes en manteau, pâles et la tête rase , venant des monastères d'Egypte ou des lieux saints de Jérusalem, le peuple les flagellait de ses malédictions, de ses huées et de ses sifflets \ et les pourchassait à travers les rues comme autant de bêtes pernicieuses.
Lors même que les masses populaires eurent fini par subir l'ascendant de ces grands exemples, le mépris et la colère qu'inspiraient les moines se conservèrent chez beaucoup de gens, mais surtout chez les lettrés, et l'on en trouve la vigoureuse empreinte dans les poésies de Rutilius Numatianus. Ce littérateur poitevin avait longtemps vécu à Rome. Il re^dnt dans sa patrie en 416, quelques années après les éclatantes conversions que les Mélanie, les Paula, les Marcella, avaient opérées dans la noblesse romaine; il a décrit les émotions de son voyage dans un poëme que nous avons encore. En traversant la Méditerranée, il arrive en face des îlots et des rochers qu'habitaient des patriciens récemment convertis : « Voilà , » dit-il , ce Capraja qui se lève devant nous ; cette île regorge de misérables, ennemis des lumières; ils tirent du grec leur nom de moines, parce qu'ils veulent \ivre sans