‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 169 sur 219 · Dp Guhcrnat. Dei, viii · texte numérisé non relu

Dp Guhcrnat. Dei, viii

202 I.IlS PRÉCURSEl'RS MONASTIQUES

témoins. La crainte dos maux de la fortnne leur fait redouter ses dons. Ils se font d'avance misérables, de peur de le devenir un jour. Vit-on jamais folie plus perverse? » — Et plus loin : — ce J'aperçois la Gorgone qui se dresse du milieu des flots, contre le rivage de Pise ; je déteste ces écueils , théâtre d'un récent naufrage. Là s'est perdu un de mes concitoyens , descendu vivant au tombeau. Il était naguère des nôtres ; il était jeune, de grande naissance, riche, bien marié. Mais poussé par les furies, il a fui les hommes et les dieux, et maintenant, crédule exilé, il croupit dans une sale retraite. Le malheureux ! il croit se repaître des biens célestes au sein de son ordure , plus cruel pour lui-même que ne pomTaient l'être les dieux qu'il offense. Cette secte n'est-elle pas plus fatale que les poisons de Gircé? Gircé ne transformait que les corps , et maintenant on nous transforme les âmes ' . »

Ge demeurant du paganisme voyait juste : c'étaient les âmes qui se transformaient. De là l'irrémédiable ruine de ses dieux, et la victoire des idées et des institutions qu'il poursuivait de son dépit impuissant.

Les doléances et les invectives des poètes et des rhéteurs païens venaient trop tard. Les moines, qui avaient rencontré pour apologistes et pour modèles

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