Idem, sermon pour une vêture
et rotondiio de son esprit? Du milieu de ses innom- ])rables ou^Tages se détachent deux chefs-d'œmTe qui dureront autant que la vérité catholique : les Co?i fessions, où le repentir et l'humilité ont involontairement revêtu la sublime parure du génie, et qui ont fait de la vie intime d'Augustin le patrimoine de tous les chrétiens; la Cité de Dieu, qui est à la fois une triomphante apologie du christianisme et un premier essai de la véritable philosophie de l'histoire, que Bossuetseul devait surpasser. Sa vie, enflammée, dévorée par une inextinguible ardeur du bien, n'est qu'un long combat, d'abord contre les folies savantes et les ^aces honteux des manichéens; puis contre les exagérations coupables des donatistes, qui poussaient leur rigorisme sanguinaire jusqu'au schisme, plutôt que de se ranger à la sage indulgence de Rome ; puis encore contiT les pélagiens, qui revendiquaient pour la liberté humaine le droit de se passer de Dieu; enfin et toujours, contre les restes du paganisme, qui luttaient en Afrique avec la vieille opiniâtreté de Garthage contre la nouvelle et victorieuse religion de Rome. Il meurt à soixante-seize ans sur les remparts de sa ville épiscopale, assiégée par les Vandales, vivante image de cette Église qui se dressait entre l'empire l'omain et le monde barbare pour protéger la ruine et purifier la conquête.
Une tendre charité tempéra toujours dans cette sainte âme l'ardem^ de la controverse. « Tuez l'erreiu*, disait-il, mais aimez toujours l'homme qui erre^ . » Citons encore de lui cette page contre les manichéens, qui mérite d'être comptée parmi les plus nobles effusions de la foi catholique, et d'être éternellement rappelée à ces néophytes oublieux qui s'érigent en vengeurs impitoyables de la vérité :
(( Qu'ils sévissent contre vous, ceux qui ne savent pas avec quel labem^ on trouve la vérité, ni combien il est malaisé d'éviter l'erreur. Qu'ils sévissent, ceux qui ne savent pas combien il est rare et difficile de vaincre, même avec toute la sérénité d'mie âme pieuse, les attraits de la chair; ceux qui ne savent pas avec quels efforts il faut guérir l'œil de l'homme intérieur, pour qu'il puisse regarder son soleil... Qu'ils sévissent contre vous, ceux qui ignorent par quels soupirs, par quels gémissements on arrive à comprencb^e Dieu, et si faiblement encore. Qu'ils sévissent enfin, ceux qui n'ont jamais donné dans l'erreui' où ils vous voient engagés. Quant à moi qui, longtemps et cruellement ballotté, ai pu voir enfin ce qu'est cette vérité pm^e... moi qui, pour dissiper les ténèbres de mon esprit, me suis soumis si tard au miséricordieux Médecin