Interlicite ei rores, diligite lioiiiines
qui m'appelait et me caressait ; moi qui ai longtemps pleuré, afm que Dieu daignât se révéler à mon âme ; moi qui ai jadis recherché avec curiosité, écouté avec attention et cru avec témérité, qui me suis efforcé de persuader à d'autres et de défendre avec opiniâtreté toutes ces rêveries où vous retient enchaînés une longue habitude : quant à moi, je ne puis sévir en rien contre vous, que je dois supporter maintenant comme je me supportais moi-même à une autre époque, et traiter avec la même patience que mon prochain eut envers moi lorsque, f mieux et aveuglé, je me débattais dans votre errem^\ »
Plus tard, il est vrai, il crut s'être trompé en se refusant à employer contre les hérétiques d'autres moyens que ceux de la persuasion". Il invoqua ou il accepta le secom^s de ce glaive des Césars, encore rouge du sang des chrétiens immolés aux faux dieux, et des orthodoxes inmiolés à l'arianisme. Mais ce fut toujom^s en protestant contre les derniers supplices et toute autre peine cruelle infligée
1. ContraManichœiEpist., c. 2 et 3, t. VHI, p. 267, éd. Gaume. Qu'il nous soit permis da rapprocher de celte page admirable un t du plus éloquent religieux de nos jours : « L'homme converti
qui n'a pas pitié est à mes yeux une vile créature. C'est le centurion qui se fait bourreau en reconnaissant le Christ, au lieu de frapper sa poitrine. » Liî P. Lvcordaire. Lettre du i septembre 1853.