BossuET, Hist. universelle
et les cliênes consacrés par le vieux culte national des Gaulois , en même temps que les tenïples et les statues des dieux romains : vainqueurs et vaincus succombaient à la fois sous ce nouveau conquérant. Et cependant les populations rurales défendaient leurs autels, lem^s arbres séculaires, avec un acharnement qui allait jusqu'à menacer la vie de Martin. 3Iais il bravait lem^ colère avec autant de résolution qu'il en mettait à lutter contre les démons : car au milieu de ses courses apostoliques, comme Antoine au fond de sa Tliébaïde, le grand évêque se voyait assiégé par d'affreux fantômes qui prenaient la forme des dieux dont il venait de briser les autels, et qui lui apparaissaient sous la figure de Jupiter ou de Mercure, plus souvent encore de Vénus ou de 3Iinerve, et faisaient retentir l'air de leurs clamem^s et de leurs injures ^ .
Mais Dieu l'avait surtout choisi , ainsi que saint Hilaire , pour sauver la Gaule de cette contagion de l'arianisme qui infectait à la fois les Romains et les Barbares. Tous deux ouvrent les 2:lorieuses annales de l'Église gallicane par la plus noble personnification de la dignité et de la charité. Martin fut appelé à Trêves , où il retrouvait la trace de saint Athanase et où il devait se rencontrer avec saint Ambroise. L'empereur Maxime y tenait sa cour,