‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 194 sur 219 · HiLAR., in Vit. S. Ilonorati, cl · texte numérisé non relu

HiLAR., in Vit. S. Ilonorati, cl

annales monastiques, que le tableau, trace par un des plus illustres fils de Lérins, de la tendresse paternelle d'Honorat pour la nombreuse famille de moines qu'il avait reunie autour de lui. Il savait lire au fond de leurs âmes, y démêler tous leurs chagrins. Il ne négligeait aucun effort pour en bannir toute tristesse, tout ressouvenir pénible du monde. Il veillait sur leur sommeil, leur santé, leur nourriture, leurs travaux, afin que chacun pût servir Dieu selon la mesure de ses forces. Aussi leur inspirait-il un amour plus que filial : « En lui, » disaient-ils, « nous retrouvons non seulement un (( père , mais toute une famille , toute une patrie , tout (( un monde. » Quand il écrivait à l'un ou à l'autre de ceux qui étaient absents, en recevant ses lettres écrites, selon l'usage du temps, sur des tablettes de cire : « C'est du miel, » disait-on, (c qu'il a re- (( versé dans cette cire, du miel tiré de l'inépuisable <( douceur de son cœur » . Dans ce paradis insulaire, et sous la houlette d'un tel pasteur, on respirait partout le parfum de la vie. Ces moines, qui, en renonçant à la vie séculière, avaient cherché le l)onheur, sentaient et proclamaient qu'ils l'avaient trouvé. A voir leur joie sereine et modeste, leur union, leur douceur et leur ferme espérance, no se croyait en présence d'un bataillon d'anges au repos* .

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