‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 207 sur 219 · Vit. S. Eugendi, c. 3. — S. Avit., ep · texte numérisé non relu

Vit. S. Eugendi, c. 3. — S. Avit., ep

3. Le buis croissait alors en abondance sur les montagnes voisines

276 LES PHÉCURSEURS MONASTIQUES

A vit lui répondit gracieusement : « Je vous souhaite (( une chaire en retour du siège que vous m'envoyez ; » et le présage fut accompli , puisque Viventiole devint métropolitain de Lyon, dans les premières années du vi^ siècle et sur la désignation d'Avit.

Toutes ces contrées , situées entre le Rhône et le Rhhi, et dominées par le Jura et les Alpes*, étaient alors occupées par les Burgondes, ceux d'entre tous les Barbares dont les mœurs étaient les plus douces et les plus pures, et qui, devenus chrétiens et restés orthodoxes jusque vers 500, traitaient les Gaulois moins en sujets conquis qu'en frères de la foi ' . Ils devaient naturellement subir l'ascendant des moines de Coudât, et cet ascendant s'exerçait comme partout au profit des opprimés. Lupicin, déjà cassé par l'âge, alla trouver le roi Burgonde Chilpéric-, qui résidait à Genève, pour plaider au-

de Saint-Claude. Aujourd'hui ce bois précieux a disparu, et 11 faut le faire Aenir de Suisse ou même de Russie pour alimenter les ateliers.

1. Paul OnosE, Hist., I. viii, c. 32. — Us ne devinrent ariens que sous Gondebaud, en 490, et redevinrent catholiques sous Sigismond en 515. Ce n'est point par affection puérile d'archaïsme que je me sers ici du mot Burgondes ; ']e crois celte désignation naturelle et nécessaire pour qualifier le premier établissement de cette race dans les contrées qui ont gardé leur nom, et pour distinguer ce premier royaume de Bourgogne des royaumes qui ont porté le même nom sous les Mérovingiens et après les Carlovingiens. Il y a entre les Burgondes et les Bourguignons la même différence qu'entre les Francs et les Français.

2. Chilpéric 1^», oncle de Chilpéric H, père de sainte Clolido.

près de lui la cause de quelques pauvres Séquanais, réduits en servitude par un potentat en sous-ordre ' , Ce tyraimeau était un de ces Romains dégénérés, courtisans et oppresseurs, qui tantôt au nom du pouvoir décrépit des emperem^s, tantôt en adulant la naissante autorité des rois barbares, trouvaient également moyen de fouler et de spolier leurs inférieurs. C'était peut-être un de ces sénateurs gaulois que les Bourguignons avaient adiuis en 456 au partage des terres conquises' : et Lupicin, bien que d'origine gallo-romaine, semble avoir été moins porté pour la domination romaine que pour celle des Barbares. Grégoire de Tours a recueilli une tradition qui peint bien l'empire exercé sur les imaginations par cette apparition de religieux en face des Barbares triomphants. Il raconte que, lorsque Lupicin franchit le seuil du palais de Chilpéric, le trône sur lequel le roi était assis trembla , comme s'il y avait eu un tremblement de terrée Rassm^é à la vue de ce vieillard couvert de peaux, le prince burgonde assista au débat curieux qui éclata entre l'oppresseur et l'avocat des opprimés. « C'est donc toi, » dit le courtisan à Tabbé, « c'est toi, vieil imposteur, « qui insultes depuis dix ans déjà la puissance ro-

Page 1