Saint Pacôme le défend formellement dans sa règle
MOINES d'occ, I. 17
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même des ordres sacrés. On les voit, dès les premiers temps, tirés de force de lem:*s retraites, pour être ordomiés prêtres et évêques par la voix du peuple ou par le choix éclairé de pasteurs tels qu'Atlianase ^ Bientôt le nombre des prêtres augmente dans leurs rangs, d'où sortent les plus grands évêques de la chrétienté, Basile, Gliysostome, Augustin, Martin de Tours. On ne l'a pas assez remarqué : les Pères de l'Église, les grands docteurs de cette époque primitive, sont tous, ou presque tous, sortis des rangs monastiques. Excepté saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise et saint Léon le Grand, tous les autres Pères et tous les docteurs de ces deux siècles furent moines ou élevés dans les monastères. Nous avons déjà compté parmi eux les quatre grands docteurs de l'Église d'Orient, Athanase, Basile, Chrysostome, Grégoire de Nazianze; et dans l'Église occidentale, saint Jérôme, saint Augustin, saint Fulgence, Sulpice- Sévère, Vincent de Lérins, Jean Cassien, Salvien, saint Césaire d'Arles, en attendant saint Grégoire le Grand. Aucune littérature n'offre de plus grands
1. La belle et fameuse inscription chrétienne de l'an 455, gravée sur un grand bloc monolithe de marbre blanc, qui se trouve aujourdhui au musée de Narbonne, constate qu'à cettedate, les deux évoques de Narbonne et de Marseille sortaient du même monastère :
IIUSTICVS EPISCOPVS... EPISCOPI VENERII SOCIVS IN MONASTERIO, COMl'RtSBVTER ECCLESI.E MASSILIENSIS. ..
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noms que ceux-là à l'admiration des hommes. Leurs écrits sont demeurés l'arsenal de la théologie. Ils ont présidé au développement du dogme, à toute l'histoire primitive de la foi. Gela seul suffirait pour assiu'er à l'Ordre monastique une place à jamais glorieuse dans les annales de l'Église et du monde. Mais il n'en devait pas rester là. Son rôle ne faisait que de commencer. Pendant mille ans encore, aucun des grands noms de l'Eglise ne lui sera étranger ; pendant mille ans il sera inscrit en tête de toutes les grandes pages de l'histoire.
Mais à l'époque dont nous parlons, ils ne sont pas les premiers , ils sont les seuls grands et les seuls forts. Sous un régime qui réunissait l'excès du désordre à l'excès de la servitude, au milieu de l'abjection politique et de la décrépitude sociale, on les voit seuls dignes, seuls purs, seuls intrépides, seuls orateurs, seuls écrivains, seuls hommes, en un mot, et seuls debout. Ils traversent ainsi ce reste immense de peuples asservis, et marchent d'un pas tranquille et sûr à la conquête de l'avenir.
Dans ce monde nouveau qui commençait à poindre, ils remplacent deux prodigieux phénomènes de l'ancien monde : les esclaves et les martyrs : les esclaves, par leur infatigable activité et leur héroïque patience; les martps, par le tradition vivante
du dévouement et du sacrifice. La longue lutte qui avait vaincu l'empire romain sans le transformer va donc se continuer sous d'autres noms, sous d'autres formes, mais avec la même vertu et le même succès. Il avait Finstinct de cette glorieuse succession, l'écrivain inconnu qui commence la biographie d'im moine Gallo-Romain du vi* siècle par ces mots : a. Après les glorieux combats des (( martyrs, célébrons les mérites des confesseurs ; « car eux aussi ont vaincu, eux aussi n'ont vécu a que pour le Christ, et la mort leur a été un gain; « eux aussi sont devenus héritiers de la céleste Jé- « rusalem. Et voici que de toutes parts resplendis- « sent les camps et les citadelles des soldats du (( Christ. Voici que partout le Roi du ciel arbore « les titres et promulgue la gloire de ces nomce breux athlètes dont les cendres inanimées triom- (( phent encore de l'ennemi du genre humaine » Gardons-nous toutefois d'un enthousiasme aveugle, d'une admiration partiale. Les ombres ne manquaient point à ce tableau, ni les taches à cette lumière. Ni partout ni toujours les moines ne furent sans reproche. Tous les monuments contemporains démontrent que parmi eux se glissaient un nombre considérable d'hommes étrangers au
1. Prolog. Vit. S.Launomari, ap. Act. SS. O. S. B.,t. C, p. 339.
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véritable esprit de l'état religieux, sans même parler de ceux que le désir d'échapper à l'esclavage ou à la faim poussait dans leurs rangs. Il faut donc admettre que, même dans cette période de leur robuste et glorieuse jeunesse, les . désordres et les abus infectèrent les monastères. Mais dès lors ils furent dénoncés, réprimés et flétris par les plus illustres d'entre les cénobites ou d'entre les apologistes de l'institut monastique, saint Jérôme, saint Jean Ghrysostome, saint Augustin. Le plus grand et le plus sérieux de ces désordres, celui qui répugnait le plus à r esprit fondamental de l'institution, mais celui qui menaçait de se propager avec le plus de rapidité, malgré les sévères décrets du concile de GhalcédoineS c'était la passion du changement et du mouvement qui entraînait sur les grandes routes et sur les places publiques de l'Empire des bandes de moines qui s'y livraient à toutes sortes de démonstrations insolites et bruyantes. Sous le nom de Messaliens ou de Gyrovagues, ils passaient leur vie à courir de province en province, de cellule en cellule, ne restant que trois ou quatre jours dans le même endroit, vivant d'aumônes extorquées aux fidèles qu'ils scandalisaient souvent par leurs mauvaises mœurs, toujours errants et jamais stables, asservis à leurs passions et à tous les excès de la