Mitis erat cunctis, suavis,pius
Quem niœstum vidit, queni Iristeni, quemque dolentem Affatu dulci mœrentia pectora mulcens.
Ces fragments de l'épitaphe d'un abbé de Gembloux, Herluin (ap.
INTRODUCTION. cix
Pleurez avec le malheureux^ avait dit l'un des patriarches de TOrdre monastique, saint Colomban; et ce fut un précepte auquel ils ne désobéirent jamais. Nulle part la race humaine, dans ses joies et dans ses douleurs , n'a trouvé des sympathies plus vives et plus fécondes que sous le froc du moine. La vie solitaire, la mortification, le célibat, bien loin d'éteindre dans le cœur du moine l'amour du prochain , en augmentaient l'intensité et la redoublaient en le purifiant. Nous en avons la preuve dans leurs innombrables écrits, dans leurs chroniques si animées, dans tout ce qui nous reste d'eux. Leurs écrivains avaient, pour peindre cette disposition propre auK âmes monastiques, un terme spécial, celui de benignitas , c'est-à-dire la bonté relevée et épurée par la piété ; henignitas, mot tout chrétien, tout monastique et aussi difficile à traduire que les deux autres vertus habituelles du cloître, simplicitas- et hilaritas.
Dagiiery, Spicileg., t. II ), s'applique à presque tous les abbés dont nous connaissons l'histoire.