‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 51 sur 219 · CUV LES MOINES D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

CUV LES MOINES D'OCCIDENT

Le grand Ordre bénédictin n'en demeurait pas moins une des plus grandes institutions de la chrétienté, avec ses immenses propriétés, sa vaste clientèle, ses magnifiques monuments, sa place conquise à demeure au milieu de tous les rouages et de tous les intérêts du corps social et politique. Maintes fois il vit surgir de son sein des réformes partielles, locales, nationales même ' , qui arrêtèrent le cours du mal et suspendirent son déclin. Mais aucun effort universel, général, soutenu, souverain, ne fut tenté : quelques branches seules reverdirent pour un temps et semblèrent promettre une végétation abondante et immortelle ; cependant le vieux tronc restait atteint au cœur et entamé par une carie intérieure qui devint bientôt de plus en plus apparente et fut un sujet permanent de scandale et de reproche pour les bons comme pour les mauvais.

Tandis que la pure et généreuse indignation de Dante s'exhalait dans les vers fameux qu'il place dans la bouche même de saint Benoît', des invec-

1. Par exemple, celles de Bursfeld, en Westphalie; de Sainle-Jus- 1 ine, à Padoue, qui s'étendit jusqu'au Mont-Cassin ; de Saint-Maur, de Saint-Hidulphe et de Sainte- Vanne, en France; dans l'Ordre de Cîteaux, celle des Feuillants, si féconde pendant un demi-siècle au moins, et enfin celle de la Trappe, si célèbre et plus llorissante que jamais depuis la Révolution.

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