Par ad., c. xxii. Voir l'épigraphe de ce chapitre
INTRODUCTION. clv
tives plus frivoles, fondées sur des accusations plus précises et plus dangereuses, se faisaient jour dans les Nouvelles de Boccace et de tous ses imitateurs qui infectèrent après lui la littérature italienne de leur fade libertinage. Elles éclataient dans les chansons de tous les poètes féodaux ou populaires des royaumes d'Occident ^ . La corruption monastique devint le lieu commun de la satire, en même temps que la matière constante des doléances trop légitimes de toutes les âmes pieuses comme des plus hautes autorités de l'Église.
// y avait plusieurs siècles, dit Bossuet au début du plus beau livre qui ait jamais été écrit contre le protestantisme, // y avait plusieurs siècles qu'on
1. Entre mille exemples à citer, je choisis le portrait d'un prieur qui se rendait en pèlerinage à Saint-Thomas de Cantorbéry, tel que Ta dépeint Chaucer, le père de la poésie anglaise au yiv*" siècle.
« Pour lui, les règles de Saint-Maur et de Saint-Benoît sentaient la décrépitude : aussi laissant au vieux temps les vieilles coutumes, il tenait à ne pas rester en arrière du siècle... Il aimait la vénerie : il <ivait de beaux chevaux plein son écurie, et quand il chevauchait, il aimait mieux entendre les grelots de sa bride que le son des clo- •ches de sa chapelle. H n'estimait pas à l'égal d'une huître le proverbe qui dit : Moine hors du cloître, poisson hors de l'eau... A quoi bon pâlir au fond d'un monastère, les yeux cloués sur le livre, et se détraquer le cerveau? A quoi bon travailler de ses mains, creuser, bêcher, comme le veut Augustin?... Qu'Augustin prenne le hoyau, puisque tel est son bon plaisir : quant à lui, ardent piqueur, il avait des lévriers prompts comme le vent : courir le lièvre était son grand plaisir et sa grande dépense. C'était un beau prélat, gras et rond ; ses gros yeux roulaient de tous les côtés : nul n'était tenté de le prendre pour un pâle revenant. » Prologue des Cantcrbury Taies, vers 165 à 208.
CLVi LES MOINES D'OCCIDENT.
désirait la réformation de la discipline ecclésiastique \ De l'aveu de tous, cette réformation, désirée par les peuples, par les docteurs, par les prélats catholiques y et malheureusement éludée', aurait du surtout porter sur les Ordres religieux.
Beaucoup de monastères excitaient l'envie et le scandale par leur excessive opulence. Cette opulence, née des généreux efforts et des pénibles travaux de leurs premiers habitants, ne se justifiait plus par le spectacle de la culture personnelle de leurs domaines, désormais abandonnée aux paysans. Sans la dérober à ses légitimes possesseurs, il aurait fallu la détourne!' dans d'autres canaux, non moins profitables à l'Église et aux pauvres, au lieu de lui permettre d'engendrer la paresse et d'autres désordres plus honteux encore qui en sont l'inévitable conséquence.
Tandis que les lois fondamentales de l'institut subissaient, au sein de ce dépérissement moral et de