Apocal., III
1. Sous Louis XIII, Camus, évêque de Belley , le pieux et fécond ami de saint François de Sales , disait dans un de ses sermons : « Dans les anciens monastères, on voyait de grands moines, de véritables religieux; à présent, illic passeras nidificabunt, l'on n'y voit que des moineaux. »
INTRODUCTION. clxv
ses et presque condamnés à tous les débordements de l'oisiveté * ?
La vie s'en retirait peu à peu, non seulement la vie religieuse, mais toute vie. Malgré Tattrait que pouvait offrir aux âmes vulgaires une existence molle et riche, désormais sans charges et sans mortifications, on ne trouvait plus assez de religieux pour peupler ces sanctuaires déshonorés. Qu'on le remarque bien, à l'honneur de la nature humaine comme du christianisme et de la vie religieuse, les Ordres relâchés restent toujours stériles. Le monde n'en veut pas plus que Dieu*. Lui aussi leur dit comme Dieu : Utinam frigidus esses, aut calidus : sed quia tepidus es, et nec frigidus nec calidus , incipiam te evomere ex ore meo.
C'est en vain que, pour remplir ces vides, on aurait eu recours à un autre abus sur lequel l'ÉgHse ferma trop souvent les yeux, les vocations forcées, cette cause trop légitime de ruine et d'impopularité pour les Ordres religieux, remontaient comme la commende à une époque fort reculée. On les voit servir de ressource à la politique sous les
1. De tant de milliers d'abbayes d'hommes fondées en France pendant treize siècles, il n'en restait, en 1789, que cent vingt qui fussent en règle, c'est-à-dire restées en possession du droit d'élire leur abbé • et de disposer de leurs revenus.