Du.\0D, Traité de la mainmorte
ccx LES MOINES D'OCCIDENT,
testant de nos jours, « le bien-être et Taisance étaient plus grands parmi eux; et leurs familles se multipliaientavec moins d'obstaciesquedans l'autre classe de cultivateurs \ » Le même phénomène a été remarqué partout : en Angleterre, aussitôt après la suppression du seizième siècle", comme en Belgique, où pendanttoutle dix-huitième les Prémontrés créèrent la prospérité agricole de la Campine, et envoyèrent du sein de leurs abbayes dans toutes les paroisses des curés qui étaient, au dire d'un narrateur de 1790, autant de professeurs d'agriculture ^ En Lombardie, ce sont les moines, etprin-
1. DuvERNOY (de Montbéliard) , cité par Charrière, /îec/îerc/zes sur Romainmoutier, p. 296. Lausanne, 1855. — Ce même auteur dit encore : « Certainement la mainmorte, n'était pas aussi hideuse que Tout voulu dépeindre quelques soi-disant philosophes du dixhuitième siècle : et j'ai dit plusieurs fois que le sort de ceux de cette condition a dû être envié par beaucoup des hommes simplement taillableset corvéables de leur temps. Sous le rapport de leurs personnes, ils n'étaient pas moins sous l'égide des coutumes ayant force de loi qui régissaient les seconds, et leurs charges et prestations généralement plus supportables. )) — Il cite ailleurs le célèbre passage des lettres de Pierre le Vénérable, où ce docteur constate la différence du sort des serfs soumis aux moines et aux laïques. — Personne ne verra chez M. Duvernoy, pas plus que chez moi, l'intention de justifier le maintien d'un débris quelconque de servage au dix-huitième siècle. Mais pour le faire disparaître était- il donc nécessaire de dépouiller et de proscrire ceux qui avaient créé l'agriculture française ?