‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 8 sur 219 · XVIII LES MOINES D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

XVIII LES MOINES D'OCCIDENT

plus noble effort qui ait jamais été tenté pour lutter contre la nature corrompue et pour approcher de la perfection chrétienne. Tout chrétien qui croit à la perpétuité de l'Église doit discerner et vénérer dans cetinstitut, à travers tous les scandales et tous les abus qu'on voudra, l'impérissable semence du dévouement sacerdotal.

Ainsi s'expliquent, d'une part, Timmense importance des servicesque le clergé régulier a rendus à la religion, et, de l'autre, l'acharnement spécial et constant que les ennemis de TÉglise ont toujours déployé contre lui. Il devrait suffire, ce semble, d'ouvrir l'histoire des peuples catholiques, pour demeurer saisi en présence de ce double spectacle. Depuis la fin des persécutions romaines, la grandeur, la liberté et la prospérité de l'Église ont toujours été exactement proportionnées à la puissance, à la régularité, et à la sainteté des Ordres rehgieux qu'elle renfermait dans son sein\ On

1. Les Ordres religieux en général peuvent se distinguer en quatre grandes catégories : !<> les Moines proprement dits, qui comprennent les Ordres de Saint-Basile et celui de Saint-Benoît, avec toutes ses branches, Cluny, les Camaldules, les Chartreux, les Cisterciens, les Célestins, Fontevrault, Grandmont; tous antérieurs au xni* siècle; 2" les Chanoines réguliers, qui suivaient la règle de Saint-Augustin, et auxquels se rattachèrent deux ordres illustres, celui de Prémontré et celui des Trinitaires ou de la Merci, pour la rédemption des captifs; 3° les Frères ou religieux mendiants (Frali ), qui comprennent les Dominicains, les Franciscains (avec toutes leurs subdivisions en Conventuels, Observantins, Récollets,

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peut l'affirmer sans crainte, partout et toujours elle a été d'autant plus florissante que les communautés religieuses ont été plus nombreuses, plus ferventes et plus libres.

Au lendemain de la paix de l'Église, les moines de la Thébaïde et de la Palestine, de Lérins, et de Marmoutier, assurent d'innombrables champions à l'orthodoxie contre les tyransariensdu Bas-Empire. A mesure que les Francs achèvent de conquérir la Gaule et deviennent la race prépondérante entre toutes les races germaniques , ils se laissent émouvoir, convertir et diriger par les fils de saint Benoit et de saint Colomban.

Du septième au neuvième siècle, ce sont les missionnaires et les évèques Bénédictins qui donnent à l'Église la Belgique, TAngleterre, l'Allemagne, la Scandinavie, et qui fournissent aux fondateurs de tous les royaumes de l'Occident des auxiliaires in-

Capucins), les Carmes, les Augustins, les Servîtes, les Minimes, et en général tous les Ordres créés du xiii*" au xiv^ siècle; 4° enfin les Clercs réguliers, forme affectée exclusivement aux Ordres créés auxvi'^ siècle et depuis, tels que les Jésuites, les Théatins, les Barnabites, etc. Les Oratoriens, les Lazaristes, les Eudistes, les Rédemptoristes, les Passionistes , ne sont, comme les Sulpiciens, que des piètres séculiers réunis en congrégation. C'est sous cette dernière forme que les communautés religieuses semblent surtout appelées à servir l'Église et la société dans les temps modernes. Un juge très compétent, Mgr Chaillot, directeur des Analecta juris Pontificii, nous affirme que depuis deux siècles le Saint-Siège n'a approuvé aucun nouvel institut de clercs réguliers.

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