‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 9 sur 219 · XX LES MOINES D'OCCIDENT · texte numérisé non relu

XX LES MOINES D'OCCIDENT

dispensables à l'établissement de la civilisation chrétienne.

Aux dixième et onzième siècles, ces mêmes Bénédictins, concentrés sous la forte direction de Tordre de Cluny, luttent victorieusement contre les dangers et les abus du régime féodal, et donnent à saint Grégoire VII l'armée qu'il lui fallait pour sauver l'indépendance de l'Église, pour détruire le concubinage des prêtres, la simonie et l'investiture temporelle des bénéfices ecclésiastiques.

Au douzième, l'ordre de Citeaux, couronné par saint Bernard d'une splendeur sans rivale, devient l'instrument principal de la bienfaisante suprématie du Saint-Siège, sert d'asile à saint Thomas de Cantorbéry et de boulevard à la liberté de l'Église jusque sous Boniface VIII'.

Au treizième et au quatorzième, les Ordres nouveaux institués par saint François , saint Dominique et leurs émules, maintiennent et propagent ps^* tout l'empire de la foi sur les âmes et sur les institutions

1. On raconte que ce pape donna à l'abbé de Citeaux le privilège réservé aux papes d'avoir un sceau où ce prélat était représenté assis, en lui disant : Qiioniam tu mecum solus stetisti, soins mecum sedebis. — Quanta saint Thomas Becket, il fut immolé devant l'autel de Saint-Benoît, dans la cathédrale monastique de Cantorbéry, et quand on le dépouilla, on trouva sous ses vêtements archiépiscopaux l'habit religieux de l'Ordre de Citeaux : « Voyez, voyez, » dirent les assistants, « c'était un véritable moine, et nous ne le savions pas ! »

INTRODUCTION. xxi

sociales ; renouvellent la lutte contre le venin de l'hérésie , contre la corruption des mœurs ; substituent aux croisades l'œuvre de la rédemption des captifs chrétiens; enfantent dans saint Thomas d'Aquin le prince des docteurs et des moralistes chrétiens, que la foi consulte comme le plus fidèle interprète de la tradition catholique, et en qui la raison reconnaît le glorieux rival d'Aristote et de Descartes.

Au quinzième, l'Église subit le grand schisme et tous les scandales qui en résultent : aussi les anciens Ordres sont-ils déchus de leur ferveur primitive, et aucun nouvel institut ne vient rajeunir le sang chrétien.

On sait quels furent, au seizième, les progrès invincibles de la réforme jusqu'au jour où les Jésuites, solennellement loués par le dernier concile général, vinrent se mettre en travers du torrent et garder à l'Église au moins la moitié de son apanage.

Au dix-septième siècle, les splendeurs de l'éloquence et de la science catholique sont contemporaines des grandes réformes de Saint-Maur et de la Trappe, des fondations de saint François de Sales, de saint Vincentde Paul et du merveilleux épanouissement de la charité chrétienne dans toutes ces congrégations de femmes, dont la plupart ont survécu pour notre bonheur.

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