Selon d'autres à Sibapte, dans la Syrie Palmyrène
4. Vita et martyrium S. Febroniœ, auct. Thomaide... teste ociilato, en grec et en latin, ap. Agi. SS. Bollxndist., t. V Junii, p. 19-25.
5. Elle ne mangeait que de deux jours l'un et couchait sur une planche large d'une palme et demie, « sesquipalmum. » Ibid.
EiN ORIENT. oê>
bosse faisait tondre un voile devant le siège de la
jeune religieuse, pendant qu'elle parlait, de sorte
qu'elle n'avait jamais été vue, depuis sa plus tendre
enfance, non seulement par aucun homme, mais
même par ime femme du monde'. La jemie veuve
d'un sénatem*, encore païenne, et destinée par sa
famille à de secondes noces, a oiilant à tout prix en-
ti^etenir la savante et pieuse recluse, s'introduisit
auprès d'elle sous le déguisement d'une religieuse
étrangère. Elles passèrent toute une nuit à lire
l'Evangile, à conférer sur la doctrine chrétieime, à
s'embrasser et à pleurer ensemble, et la sénatrice ne
sortit du couATut que convertie à la foi chrétienne
et à la chasteté du veuvage. « Qui donc, » disait
Fébronia à l'abbesse, « qui donc peut être cette
(( religieuse qui voyage et qui plem*e comme si elle
« n'avait jamais entendu expliquer les saintes Écri-
a tures ? — G 'est Hiéria , » lui répondit-on , « Hiéria ,
(c la veuve du sénateur. — Ah! » dit Fébronia,
(( pourquoi ne me l'avoir pas dit? car je lui ai parlé
ce comme à une simple sœur. » La noble veuve devint
en effet la sœur et l'amie de la religieuse ; elle ne
la quitta plus à partir d'une grave maladie qui
cloua Fébronia sur la planche de bois étroite où
elle prenait son repos, et qui l'empêcha de fuir avec
l'évêque, le clergé, les moines et la plupart de ses
1. Viia et martyrium S. Febronix, etc., p. 19, Coiif., p. 25.
o6 LES PRÉCURSEURS MONASTIQLES
compagnes, quand Sélénus, le ministre des cruautés [ impériales, chargé d'exécuter les décrets contre les chrétiens, arriva à Nisibe. Dénoncée à cause de sa beauté, Fébronia fut traînée devant le tribunal du persécuteur ; on lui demande si elle est libre ou esclave ; elle répond : a Esclave, et esclave du Christ' . » Dépouillée de ses vêtements et livrée à tous les supplices que la rage du paganisme expirant savait inventer contre la pudeur et la faiblesse chrétiennes, elle supporta les affronts et les tortures avec un calme héroïque. Le juge lui reprocha de compter assez sur sa beauté pour ne pas rougir de sa nudité. « Mon (( Christ sait bien, » dit-elle, « que jusqu'à ce jour je <( n'avais jamais vu la figure d'un homme. Mais toi, (( juge insensé, » ajouta la victime avec cette audace qui se trouve dans les actes d'Agathe, d'Agnès et de Céline, « quel athlète s'est jamais présenté aux jeux <x Olympiques sans se dépouiller? et ne reste-t-il pas « nu jusqu'à ce qu'il ait a aincu son adversaire? A <( l'œuvre donc, et que je puisse lutter contre ton ic père le diable , au mépris de tous tes tourments^ . » On lui arracha successivement les dents et la langue, on lui coupa les seins, les pieds et les mains. La vieille abbesse, qui suivait de loin les progrès de cette lutte cruelle, poussait de grands cris et priait