Ibîd., p
à haute voix en langue syriaque, pour que sa chère Fébronia résistât jusqu'au bout; le peuple criait anathème à Dioclétien et à ses dieux; Hiéria adressait de publiques imprécations au bourreau Sélénus^ . L'héroïque vierge eut enfin la tête tranchée. Son sani>' fut une semence non seulement de chrétiens, mais de religieux. Les deux neveux de Sélénus se déclarèrent chrétiens et embrassèrent la vie monastique; et la noble Hiéria, se donnant elle-même avec tous ses biens au monastère, vint déposer ses bracelets, ses perles et toutes ses parures dans le cercueil de son amie ; puis se jetant aux genoux de l'abbesse : « Prenez-moi, » dit-elle, « je vous en c( suppHe, ôma mère, pour votre servante au lieu « de Fébronia. »
Fébronia fut désormais citée par les évêques de Mésopotamie comme le modèle des religieuses. L'anniversaire de sa passion de\ânt la grande fête des monastères de la contrée. Sa vie fut écrite par une religieuse qui avait été témoin oculaire de son martyre, et la tradition rapporte qu'on voyait, à l'office de la nuit, l'ombre de la sainte martjTO reparaître dans sa place au chœur, comme pour y chanter avec ses sœurs^.
1. Diu sic orans prostravit se humi atque clamabat : Bray Bra, Bra... dialecto syriaca... Non pauci abibaiit clamantes anathema Diocletiano et diis ejus. Ihid., p. 29, 32.