Voir plus haut, p
2. Voir page 112. Cf. Bede, IV, 22; et Thomas, HistoriaEliensia, I, 2, 25, ap. AcT. SS. 0. S. B., seec. Il : une nouvelle édition de cet historien a été donnée parStewart, Londini,1848
ET ETHELDREDA. 251
poids des colliers et des bijoux dont son cou délicat était chargé^ . Cette parure rehaussait son éclatante beauté, qui allumait, nous dit-on, la passion de tous les princes voisins- . Le plus épris de ces princes, celui des Gyrwiens, peuplade saxonne établie dans la contrée marécageuse qui sépare FEst-Anglie de la Mercie, l'avait demandée en mariage et obtenue de son père, deux ans avant la mort de ce roi sur le champ de bataille" (652) . Résolue de consacrer sa virginité à Dieu, à l'exemple de la vierge Marie ,Etheldreda avait résisté tant qu'elle avait pu à la volonté de son père, et elle réussit à empêcher la consommation de ce mariage pendant les trois années qu'elle vécut avec le tendre et généreux Tombert. Il mourut, et la jeune veuve se crut à jamais délivrée du joug matrimonial et libre de se donner au Christ. Il n'en fut rien : le fiïs et l'héritier du grand roi des Northumbriens, le plus puissant prince de la nation anglo-saxonne, le jeune Egfrid s'éprit d'elle à son tour: sa résistance fut aussi vaine que la première fois. Les instances de son oncle, qui avait succédé comme roi des Est-An-
1. Merito in collo pondus languoris porto, in quo juvenculam me memini supervacua monilium pondéra portare. Bede, IV, 19.
2. Innumerisejuspulchritudoprincipibuscomplacebat : etvenusla facieiejuspulchritudoadpuellarespromovebatamplexus.THOM.jMs^ Eliens., c. 4.
3. Ignara marltatis negolii, indefessis precibus apudI>eiTm obtinuit, «t illam custodiret imraaculatam. Ibid,
gles à son père, celles aussi de tous ses parents, la contraignirent à ce second mariage, qui leur semblait sans doute un nouvel et précieux gage de l'alliance entre les deux royaumes^ (6o9) . L'amoureux Egfrid lui constitua en toute propriété des domaines considérables dont faisait partie le vaste territoire de Hexham qu'elle donna plus tard à Wilfrid.
Dans les premiers temps de son règne, le roi, comme on l'a vu, subit tout d'abord l'influence de Wilfrid, et la reine ne tarda pas à témoigner au célèbre évêque une confiance et une affection plus grandes encore^. Mais quelles ne diu'ent pas être la surprise et l'irritation du jeune roi, que l'imposant témoignage de son contemporain Bede nous représente comme très pieux et très aimé de Dieu"*, lorsqu'il reconnut qu'Etheldreda persistait, comme dans sa première union, à garder sa virginité pour Dieu! Gomme le terrible Glotaire, mari de sainte Radegonde, un siècle auparavant, il se trouvait aA'^oir épousé, non pas une femme, mais une religieuse^ Cependant, non moins épris que Glotaire de celle qui ne voulait pas lui appartenir, il la respectait et larc-