‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 111 sur 201 · Vita S. Cuthberii, c · texte numérisé non relu

Vita S. Cuthberii, c

, 4. Voir tome II, page 349. — Dicebatse haberejugalemmonachara, non reginam. -

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doutait davantage. Elle lui semblait encore plus sa dame et sa maîtresse que son égale et sa reine, Plusieurs années s'écoulèrent ainsi ; les refus d'Etlieldredane servaient qu'à échauffer sa passion. Il imagina d'avoir recours à Wilfrid, sachant bien quel était l'empire de Févêque sur la conscience d'Etheldreda conmie sur son cœur, puisqu'il était l'homme qu'elle aimait le mieux \ Il lui offrit, à ce que raconta Wilfrid lui-même au vénérable Bede, force domaines et force argent pour prix du consentement de la reine à ses désirs. Bede ne voit dans Wilfrid, à cette occasion, que le témoin de l'incorruptible virginité de la sainte . Mais, s'il faut en croire le panégyriste officiel d'Etheldreda, ce fut Wilfrid qui l'encouragea dans sa résistance , tout en feignant d'abord de seconder les vues du roi, pour ne pas encourir sa disgrâce. Dans ses conférences secrètes avec elle, il lui montrait le ciel pour prix de sa continence ; elle fit entre ses mains vœu de chasteté, et alors il lui conseilla de demander au roi une séparation formelle, afin de se consacrer à Dieu dans un monastère. Egfrid s'y refusa d'abord absolument ; puis après de longues luttes , après douze années d'une union si étrange et si orageuse, vaincu

1. Acriores Jîgfrido stimulos adjicit, et ad copulam virginis féroces illius animos vehementer incendit... (sed) reginam impudice non tetigit, neque contristavit... quoniam non ut reginam aut parem, verum lanquam dominam per omnia venerabatur... Tamea optât ille debitum a conjuge... Thomas, Uist. Eliens., t. I, 8, 9. .

MOINES d'occ, IV. to

par les prières et les larmes de celle qu'il aimait toujours avec une passion si fidèle, il se laissa arracher une sorte de consentement au départ de son invincible épouse ^

A peine munie de ce tardif et pénible acquiesce-

1. Le respect delà véritém'oblige à donner dans leur entier les textes sur lesquels repose cette singulière histoire : en premier lieu celui du contemporain Bede, dont on remarquera la curiosité d'abord incrédule ; puis celui du moine d'Ely , qui n'a écrit que cinq siècles après. Ja mort d'Etheldreda, mais dans le monastère qu'elle avait fondé et entouré de tous les souvenirs qu'elle y avait elle-même portés el laissés, et qui avaient passé de bouche en bouche jusqu'à lui. P, 34. — Data est regiprccfato cujus consortio cum duodecim annis uteretur, perpétuée tamen mansit virginitatis integritategloriosa; sicut mihimet sciscitanti cum hoc an ita esset, quibusdam venisset in dubium^ beatae memoriae Wilfrid episcopus referebat; dicens se testem integritatis ejus esse certissimum : adeo ut ^Egfridus promiserit se ei terras ac pecunias multas esse donaturum, si reginae posset persuadere ejus uti connubio, quia sciebat illam nullum vivorum plus illo diligere... Bede, IV, 19. — Vidit ejusassiduam cum beato preesule familiaritatem... Hinc Dei preeconem rex frustra fatigat preemiis..* Wilfridus voti virginei fautor existens, vigilantis animi sagacitateprocurabat, nequa feminese mentis inconstantia virgo mutaret...Dissimulavit provide, tanquam régi favens et desiderii sui efficaciam reginae persuadendam pollicens ; veritus ne, sicut conligit, ob rem hujuscemodi ofifensum illum haberet. . . Sic Dei virtute prœdita, per consilium sancti praesulis nullatenus régi assensum prsebuit; egitque vir beatus sua industria ut potius divorcium queereret.,. Princeps, nec facile adquiescit graviterque dolendum se asserit, si aliquando tontingat a conjuge dilecta ferre divortium, licet ei nunquam conjunctus esset more conjugatorum. Postulat iterum Regina, lletibus et diutinis postulationibustantoimportuniusinsistit... Rex tandem victusipsiusimportunis precibus, licet invitus, tamen eam dimisit invincibilem. Thom., Hist. Eliens., 1, 9, 10. — Ajoutons enfin qu'Eddi, le disciple, le compagnon de voyage et le biographe de Wilfrid, garde un silence prudent et complet sur l'intervention de son maître dans cette délicate aifaire.

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ment, elle courut à Coldingliam , au grand monastère maritime que gouvernait Ebba, la tante du roi, et la sœur de ses prédécesseurs Oswald et Osw y. Wilfrid l'y suivit bientôt pour lui donner le voile et la robe noire qui devaient constater désormais sa nouvelle qualité de religieuse ' (671) . Mais bientôt aussi Egfrid s'y précipita sur ses traces : incapable de supporter son absence et le sacrifice qu'il s'était imposé, il venait tout furieux la réclamer avec la résolution d'user de son droit. L'abbesse Ebba comprit qu'elle ne pourrait résister à la violence de son neveu : elle conseilla donc à la reine de prendre la fuite. Etheldreda partit de Goldingham à pied, déguisée sous un costume d'indigente, et accompagnée de deux vaillantes religieuses du monastère. Elle ne songea pas à chercher un asile à Whitby, bien que l'abbesse Hilda fût sa propre tante ; elle devait trop bien savoir que cette sainte princesse n'encouragerait aucune entreprise où Wilfrid avait part. Elle se dirigea au midi, à travers mille difficultés et mille aventures, vers le fleuve qui séparait la Northumbrie du reste de l'Angleterre, et après l'avoir heureusement traversé, elle ne s'arrêta que sur les confins de sa patrie, l'Est- Anglie, dans un vaste domaine que lui avait donné, à titre de douaire, son premier mari".

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