Eddius, C
2. Plerumquein conviviis consultant :taiiquamnulloinagis tempore aut ad simplices cogtationes piateat animiis, aut ad magnas incalescat... Délibérant dum fingere nçsciunti VeMorihus Germaniae,c. 22.
PERSÉCUTÉ ET RÉTABLI. 27 î>
tance, la déchira et en jeta les morceaux au feu, en disant aux porteurs : ce Allez dire à votre maître (( ce que vous venez de voir et ajoutez que j'ai dit : (( Ainsi puisse le Créateur déchirer, détruire et (( consumer le parjure et le traître ! ^ » On voit que la chevalerie était toute prête à éclore chez ces nouveaux chrétiens. Wilfrid n'y devait d'ailleurs faire qu'une première et rapide moisson. 11 avait laissé dans son monastère de Ripon mi jeune Northumbrien qui lui avait été amené par sa nièce encore tout enfant, et qu'il élevait avec soin depuis treize ans. C'était à cet enfant vénéré par l'Eglise d'Angleterre et d'Allemagne sous le nom de Willebrord, c'était à ce fidèle disciple du grand exilé que Dieu réservait la gloire d'introduire pour toujours dans les rangs de la chrétienté cette belliqueuse population".
1. Rex, preesentibus iiobis, et nuntiis corarn populo suo in palatio epulantibus, oinnibusqueaudientibus... Enuntiale domino vestrohoc modo me dicentem. Eddius, c. 26.
2. Wilfrid conserva toujours des relations avec la Frise : un récit curieux de Bede (lll, 13), qui constate le culte que les missionnaires uortliumbriens y avaient introduit pour leur saint national, le roi Oswald, semble indiquer que Wilfrid s'y retrouva lui-même dans un de ses voyages ultérieurs, avec Willebrord et son successeur Acca M. Aibertingk Thym, dans sa récente et curieuse monographie de saint Willebrord, ne résout pas cette question. Mais les BoUandistes(t. VI Sept., p. 68) reconnaissent que Wilfrid, en retournant a Rome vingt ans après son deuxième voyage, passa par la Frise, et qu'il put être alors accompagné par Willebrord et Acca. — Quatorze
Le printemps venu (679) , Wilfrid reprit sa route vers Rome , en traversant F Austrasie , où il allait trouver sur le trône un prince qui avait appris à connaître la généreuse hospitalité de Fabbé de Ripon. C'était Dagobert II, petit-fils du premier roi de ce nom; détrôné dès son enfance (656) par le maire du palais Grimoald, il avait été secrètement envoyé en Irlande où il avait trouvé un refuge dans un monastère ; mais, lorsqu'en 673 les seigneurs austrasiens voulurent échapper au joug d'Ebroïn, déjà maître de la Neustrie et de la Bourgogne, ils rappelèrent le prince déjà tonsuré dont, au dire des voyageurs, la brillante jeunesse s'épanouissait dans un cloître -d'Hibernie. Ce fut à Wilfrid qu'ils s'adressèrent pour obtenir que le royal exilé leur fût rendu, et ce fut Wilfrid qui, après l'avoir magnifiquement reçu et traité en son monastère de Ripon, le mit en route iwec force présents et une bonne escorte pour F Austrasie^ . La reconnaissance de Dagobert se manifesta, non seulement par son affectueux accueil , mais surtout par ses instances auprès de Wilfrid pour lui faire accepter l'évêché de Strasbourg, alors vacant, et le plus grand de tout son royaume.
ans après son premier séjour en Frise, en 692, ce fut à Wilfrid qu'on envoya pour être sacré i'évêque Swidbert, autre missionnaire saxon des Frisons. Bede, V, II.