Bede, IV, 28. BoLLAND., t. VI Sept., p
plus tendre dévotion ; ce qui ne doit pas nous étonner. Le persécuteur de Wilfrid était fort loin d'être un ennemi de l'Eglise ou de Tordre monastique. Il fut au contraire le fondateur et le bienfaiteur, comme on le verra, de plusieurs des grands monastères du nord de l'Angleterre : il fut l'ami de tous les saints de son temps, excepté de Wilfrid. Il semble surtout avoir voulu reporter sur Guthbert la confiante tendresse et la respectueuse déférence dont il avait comblé Wilfrid dans les premiers temps de son règne. Ermenburga, la cruelle ennemie de Wilfrid, était, comme son mari, pénétrée de la plus ardente dévotion pour le saint moine qui était devenu l'un des successeurs de sa victime. Mais toute cette dévotion n'empêchait pas le malheureux Egfrid de lâcher la bride à ses convoitises royales et à une soif de guerres et de conquêtes trop conformes aux traditions de ses aïeux et de ses prédécesseurs païens, le Ravageur et V Homme de Feu * . En 684, il envoya sans aucim motif connu, contre l'Irlande, une armée qui dévasta cette île avec une impitoyable cruauté. Cette invasion est le premier des crimes nationaux et inexpiés des Angio-Saxons contre l'Irlande. Elle indigna alors non seulement les victimes mais encore les témoins de cette barbarie. Le vénérable Bede, peu suspect de partialité ou même d'équité à l'endroit des Celtes, flétrit le