Voir tome HI, pages 447 et
crime commis par le roi de sa nation contre un peuple innocent qui, loin d'épouser les ressentiments des Celtes de Bretagne, avait toujours été l'ami et Pallié des Anglo-Saxons. Le fer et le feu des soldats d'Egfrid n'épargnaient pas même les grands et saints monastères où la jeunesse anglo-saxonne avait déjà l'habitude d'aller apprendre la science et la piété évangélique; où, comme à Mayo, vivaient en foule des moines northumbriens, qui avaient mieux aimé quitter leur pays pour rester fidèles aux usages de leurs premiers apôtres que de subir le triomphe de Wilfrid et des usages romains. Les pauvres Irlandais, après s'être défendus de leur mieux, furent partout vaincus, et n'eurent d'autre ressource que d'appeler par de continuelles et solennelles imprécations la vengeance du ciel sur d'indignes agresseurs \ Cette fois du moins leurs trop légitimes malédictions furent exaucées.
En vain, le Northumbrien Egbert, illustre et très savant religieux de Lindisfarne, qui s'était exilé volontairement en Irlande pour l'amour du Christ et le salut de son âme ^, et qui jouissait dans les deux îles d^une grande autorité, avait-il supplié le roi de son