‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 15 sur 201 · Bede, ni · texte numérisé non relu

Bede, ni

2. Grâce aux missionnaires celtiques et anglo-saxons de l'Allemagne, on trouve la trace du culte de saint Oswald dans les liturgies particulières des diocèses de Mayence, Cologne, Salzbourg, Miinsler, Spire, Ratisbonne, Bamberg, Constance, etc. Au monastèrede Sainl- Gall, le célèbre Notker, dit le Bègue, et ses confrères du neuvième siècle ont composé tout un office,, De sancto Oswaldo rege. La ville de Zug a pris le saint roi pour patron : la belle église de cette petite capitale, reconstruite vers 1480, et que l'on cite comme l'édifice religieux le plus remarquable des petits cantons, est placée sous son vocable. On y voit encore le manuscrit du drame populaire, composé au seizième siècle, qui reproduisait toute l'histoire du roi de Northumbrie et dont les représentations en plein air charmèrent longtemps les habitants des bords du lac de Zug. Le professeur EttmiiUer a publié un poème du douzième siècle, en haut allemand, ayant pour sujetla: vie de saint Oswald. Un autre professeur, Zingerle, d'Inspruck, dans un écrit intitulé la Légende d' Oswald, cherche à démontrer que notre Osvv^ald avait remplacé Odin dans les traditions de certaines^ contrées germaniques, — Je dois tous ces renseignements au pieux et savant auteur de la traduction allemande à-QS Moines d'Occident, au P^ Charles Brandes, bénédictin d'Ensielden, Sa mort prématurée, survenue au moment où il mettait la dernière main à son travail, a été une perte cruelle non seulement pour l'illustre communauté dont il était l'ornement, mais aussi pour ses amis séculiers, parmi lesquels.

qu'au poteau sur lequel on avait fiché la tête tranchée du roi martyr, qui ne fût transformé en relique , dont les parcelles étaient regardées comme d'mie valeur souveraine pour la guérison des corps et des âmes. Ces choses font sourire de pitié les beaux esprits, à qui Ton ne défend pas de philosopher, dans les temps et les pays asservis par l'infaillibilité du nombre et de la force . Mais nul n'a encore trouvé, pour le patriotisme humihé , pour la justice violée, pour la liberté vaincue , un asile plus sûr et plus doux que la pieuse tendresse dont les peuples chrétiens entouraient naguère la tombe et les reliques de ceux qui mouraient pour leur foi et pour leur droit.

Aïdan avait en quelque sorte prédit à Oswald que ses os deviendraient des reliques , et voici à quelle occasion. L'évê que avait pour règle de n'accepter que très rarement ces invitations à la table du roi, qui conféraient chez les peuples germaniques à ceux qui en étaient l'objet la distinction la plus remarquée. Quand il y allait, ce n'était que pour y assister au commencement du repas ; puis il se hâtait de sorliipour vaquer avec les siens à la lecture ou à la prière. Mais un jour de Pâques , le moine évêque , [étant à dîner chez le roi et à côté de lui, levait déjà le bras

trente années de fidèle sympathie me donnent le droit de compteraii premier rang.

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pour bénir un plat d'argent rempli de mets délicats et placé devant Oswald, quand le serviteur spécialement chargé du soin des pauvres entra tout à coup pour annoncer qu'il y avait une foule de mendiants dans la rue qui demandaient Faumône du Roi. Oswald fit aussitôt enlever les viandes et mettre en pièces le plat d'argent, afin de leur distribuer le tout. Gomme il étendait la main pour donner cet ordre , l'évêque la saisit et s'écria : ce Puisse cette (( main ne jamais périr \ ! »

L'année suivante, elle fut séparée de son corps et ramassée sur le champ de bataille, où il donna sa vie pour son Dieu et son peuple. Puis cette main de roi et de martyr, enchâssée dans le sanctuaire de l'ancienne capitale des rois northumbriens, demeurée entière et incorruptible pendant des siècles, fut contemplée et baisée avec amour par d'innombrables chrétiens , jusqu'au jour où elle disparut dans le gouffre de la spoliation sacrilège où Henri VIII engloutit toutes les gloires et tous les trésors monastiques de F Angleterre.

1. Bede, in, 5, 6. — Les Bollandistes (lom. H Aug., p. 87) prouvent que cette main existait encore au seizième siècle.

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