‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 166 sur 201 · Vif a, c · texte numérisé non relu

Vif a, c

mes, sa voix tremblante, tout contribuait à pénétrer et à dominer la multitude des assistants. Par la confession il remuait plus profondément encore les chrétiens anglo-saxons qui venaient en foule décharger leur conscience à ses pieds ; juge intrépide et inflexible du vice impénitent, il éprouvait, il exprimait pour le pécheur contrit la plus tendre compassion. C'était lui qui pleurait le premier sur les péchés qu'il allait pardonner au nom de Dieu ; c'était lui qui accomplissait les pénitences qu'il imposait pour condition de l'absolution, sachant ainsi d'abord gagner par sa mansuétude les cœurs qu'il voulait guérir et convertir^ .

Mais ni la vie du cénobite, ni les labeurs du missionnaire ne pouvaient assouvir les aspirations de son âme vers la perfection. Après douze années de priorat à Lindisfarne et n'ayant pas encore quarante ans (676) , il résolut de quitter la vie commune pour vivre en anachorète, dans un îlot stérile et désert, en vue de Lindisfarne , au centre de l'archipel situé au midi de l'île sainte et presque en face de la capitale fortifiée des rois northumbriens à Bamborouglr. Dans cette île nommée Farne, personne n'osait habi-

Page 1