‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 17 sur 201 · BEDE, III · texte numérisé non relu

BEDE, III

foi naissante * . Il aimait surtout à s'arrêter sous le toit hospitalier du jeune roi de la Deïra ; et il vécut toujours avec lui dans une union aussi tendre et aussi complète qu'avec le roi Oswald.

On a souvent raconté, d'après Bede, une anecdote qui révèle à la fois la douce intimité de leurs rapports et la noble délicatesse de leurs âmes. Aïdan, conmie nous Pavons dit , faisait toutes ses courses apostoliques à pied ; mais le roi voulut au moins qu'il eut un cheval pour traverser les rivières ou pour d'autres cas extraordinaires, et il lui donna son meillem^ cheval magnifiquement harnaché. L'évêque l'accepta et s'en ser^-it : mais ce moine, que Bede appelle le père et l'adorateur des pauvres, ayant bientôt rencontré un lionmie qui demandait l'aumône, sauta à bas du coursier roval et le donna tout harnaché au mendiant. Le roi en fut aussitôt informé, et comme ils allaient dîner enseml^le, il dit à Aïdan : ce Seigneur ce évèque, quelle idée avez-vous eue de donner mon « cheval à ce pauvi^e? N'avais-je pas beaucoup d'au- (( très chevaux de moindre A-aleur et toute sorte « d'autres biens, pour en faire l'aumône, sans qu'il « vous fallût aller donner ce cheval, que j'avais (( exprès choisi pour votre service particulier? » (( Que dites-vous là ? » lui répondit Aïdan : ce 0 roi ! ce « cheval , qui est le fils d'une jument , vous est-il donc

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