‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 173 sur 201 · BOLL\ND.,p. 120. VUdjC · texte numérisé non relu

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SAINT CUTHBERT. 43o

De la chaumière de cette mère nomTicière, il passait au palais des reines. La noble reine de Northumbrie,Etlieldreda, la sainte et la vierge [regia virgo^ dit son historien) , avant de quitter le trône et la vie conjugale pour aller s'ensevelir dans le cloître, se plaisait à réunir autour d'elle les religieux des deux. sexes les plus renommés par leur ferveur et à les entretenir familièrement pour le bien de son âme. A côté de Wilfrid, son guide et son maître spirituel, elle appelait souvent le jeune prieur de Lindisfarne, et c'est la seule occasion où l'on peut supposer une rencontre entre ces deux contemporains, si diversement vénérables. La sainte reine Pavait en grande tendresse : elle le combla, lui et son monastère, de donations provenant de son propre patrimoine. Elle voulut de plus lui offrir un gage personnel de son intime affection, en brodant pour lui, de ses propres mains (car elle était fort habile ouvrière), une étole et un manipule qu'elle couvrit d'or et de pierres précieuses. Elle avait choisi ce genre de présent afin qu'il ne pût porter ce souvenir d'elle qu'en présence du Dieu qu'ils servaient tous deux, et afin qu'il fut ainsi toujours obligé de faire mémoire d'elle au saint sacrifice \

1. TnaMAS Eliensis^ Vita S. Etheldr., c. 9. — Cet écrivain du douzième siècle affirme que l'étole et le manipule brodés par Etheldreda pour Cuthbert étaient encore vénérés de son temps à la cathédrale de Durham.

Mais il fréquentait plus habituellement les saintes princesses qui, placées à la tête des grandes communautés de religieuses et quelquefois même de moines, exerçaient une si puissante influence sur la race anglo-saxonne, et sur la Northumbrie en particulier.

Pendant qu'il était encore à Melrose, la renommée croissante de sa sainteté et de son éloquence le fit souvent appeler par la sœur du roi Oswy , qui régnait alors sur les deux rovaumes northumbriens. C'était Ebba\ abbesse de ce double monastère de Coldingliam, dont on a plus d'une fois parlé, qui, de tous les grands établissements religieux delà Northumbrie, était le plus septentrional, et celui-là même où la reine Etheldreda alla chercher un premier refuge après avoir quitté son mari. La royale abbesse le gardait plusieurs jours auprès d'elle ; il n'en continuait pas moins ses exercices de piété et surtout ses austérités et ses longues oraisons nocturnes au bord de la mer. Le jour, il prêchait aux deux communautés que gouvernait Ebba, et il les édifiait toutes deux par le merveilleux accord de sa vie et de sa doctrine" . Peut-être ne fut-il pas également

1. Sanctinionialisfemina et mater ancillarumChristi nomineEbba, ressens monasterium... religione pariter ac nobilitate ciinctis honorabilis. Vita, c. 10.

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