Vita, c
SAINT CL'THBERT. 437
édifié par tout ce qu'il y voyait, s'il faut en croire des historiens plus récents , qui font remonter à ce jour la première origine des prescriptions sévères qu'on lui attribue contre les relations des moines avec les femmes de n'importe quelle condition ^ .
Mais l'autorité de cette tradition, affail)lie par le
1. Telleestl opinion de Lingard(-lw^«q'?/iYie5, 1. 1, p. 215). lise fonde probablement sur ce passage d'un auteur du douzième siècle : « Quo in loco iColdingham)diversistamen separata mansionibus,erantmonachorum sanctimonialiumque congregationes, qui paulatimaregularis disciplinrestatudefluentes, inhonestainvicemfamiliaritatedecipiendi occasioneminimicopraebuerunt.»TLHGOT,zr/.$^or/rt Dunebnensis.U, 17- Cestàcepropos,ditTurgot,queCuthbert,f/efe«ifeyé^«e, interdit tovLtconsoriiuvi entre ses moines et n'importe quelle femme. — On ne trouve aucune trace de celte prohibition dans Bede ou dans le moine de Lindisfarne. Mais une tradition invétérée et constatée par tous les écrivains postérieurs veut que Cutbbert devenu évèque. ait interdit aux femmes l'accès de l'église du monastère de Lindisfarne. Plus tard, quand son corps fut transféré, avec le siège épiscopal, à Durham, la même prohibition y fut maintenue. Aucune femme ne pouvait entrer dans la vaste cathédrale de celte ville : l'histoire de celte célèbre église est pleine d'anecdotes relatives aux tentatives faites, jusque dans le quinzième siècle, par des dames de hautparage, pour échapper à cette humiliation. Plus tard on fut un peu moins sévère ; et on montre encore, dans la cathédrale, une ligne en marbre bleu qu'aucune femme ne pouvait franchir, mais qui leur permettait au moins d'entrer dans lavant-nef et de voir de loin le chœur et La châsse du saint. Un de ses historiens ajoute : Non tamen sexum illum detestando persequitur. sed occasionis delinquendi materiam amputando elidere conatur. Regiisaldus Ddnelmensis, De admircnidls B. Cuthberti virtutihus, p. 151. — LaVie irlandaise attribué cette prohibition à deux motifs, d'abord à ce que la fille du roi des Pietés, « in c/owopflYr/^arfw/^era^a a gwoi75ywye/ie, «avait attribué au jeune solitaire la paternité de son enfant ; ensuite à ce que déjà évêque et pendant une procession pontificale, il s'était vu suivi d'une femme écla-
silence absolu des biographes de Ciithbert , est contredite par son exemple. Jusqu'à la fin de sa vie, il conserva des relations aussi intimes que fréquentes avec une autre princesse du sang royal de Northumbrie, avec cette Elfleda, abbesse de Whitby, nièce de saint Oswald et du roi Oswy, qui, toute jeune encore S exerçait une influence plus grande même que celle de sa tante Ebba sur les hommes et les choses de son temps. On a vu^ que, par égard pour elle, le saint anachorète avait poussé la complaisance jusqu'à sortir de son îlot de Farne pour aller conférer avec elle, dans une île plus voisine de Whitby, sur les préoccupations dont elle était assiégée au sujet de son frère le roi Esfrid. Guthbert était attaché de cœur à toute cette famille royale de Northumbrie, à cette dynastie bernicienne, dont la restauration datait de son enfance, sous le grand et saint Oswald. Il avait pour ce saint roi une dévotion particulière ; l'empreinte de son cachet représentait la tête du
tante de beauté, qui avait attiré les regards et troublé les sens de toute l'assistance. C'était une apparition diabolique qu'il mit en fuite en l'aspergeant d'eau bénite. De là et jusqu'au douzième siècle, interdiction aux femmesd'entrer dans les églises d'Ecosse qui lui étaient dédiées. Libellus deortu, c. 29. L'une de ces églises a donné naissance à la ville et au comté de Kirkudbriglit(Cuthbrichtiskhirche).RECiNAi.DLS,c. 84.
1. Née en 654, elle n'avait pas encore trente ans quand Cutbbert alla la trouver dans l'île Coquet. Voira l'Appendice le tableau généalogique A.