Vitœ abbat., c. II. Il mourut le 12 janvier
tous assis, il voulut servir lui-même les hommes, pendant que la comtesse remplissait le même office auprès des femmes.
Ceolfrid, moine à dix-huit ans, avait été formé à Ripon, àl'écolede Wilfrid, qui F avait ordonné prêtre après dix ans d'études \ Puis, afin de mieux connaître les traditions et les obligations de son état, il avait été visiter la métropole monastique de Gantorbéry, et, en revenant, il s'était arrêté quelque temps auprès d'un vieil abbé nommé Botulphe, dont la voix publique vantait beaucoup les vertus et la science '.
Ce Botulphe était, lui aussi, d'une noble famille estanglienne ^ ; ses parents comptaient parmi les chré-
- 1. Le frère aîné de Ceolfrid avait été abbé de Gilling, de ce monastère fondé par la reine Eanfleda en expiation du meurtre commis par son mari sur le roi saint Oswin ; puis, préférant la contemplation à l'action, il s'était volontairement exilé en Irlande pour y étudier les saintes Écritures pendant le reste de sa vie. 11 y était mort de îa peste avec plusieurs autres nobles anglais. C'est là un nouvel exemple des relations toujours si fréquentes des Anglo-Saxons avec l'Irlande monastique. Ceolfrid avait commencé sa carrière à Gilling, d'où Wilfrid l'avait appelé à Ripon avec toute la communauté.
2. Ut videret instituta Botulfi abbatis quem... fama circumquaque vulgaverat. Histor. abhatum in Append. Bed e, p. 417.
3. Ad Anglos Orientales, dit la Vie de Ceolfrid qui vient d'ôlre citée, et cette désignation n'est point en contradiction avec celle <\.'Angli Australes, dont se sert l'auteur contemporain de la Vie de saint Botulpbe, publiée par Mabillon (Act. SS. G. S. B., ssec. III, pars I, p. 3). Les Angles de la Mercie et de l'Est-Anglie étaient en effet des méridionaux aux yeux des Angles de la Northumbrie. En outre, deux des rois nommés, par le biographe, comme souverains du pays de Botulphe, Adelher et Adelwold, figurentparmi les rois d'Est- Anglie. Voir Lappenberg, tableau généalogique E à la fin de son tome I.
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tiens les plus anciennement baptisés de F Angleterre ; ils Favaientenvoyé tout jeune encore au delà desmers , dans un monastère de la Gaule, pour y apprendre, dit son biographe, les gloires de la foi et s'y formera la vie apostolique. Revenu au bout de quelques années et muni de la recommandation de deux jeunes princesses est-angliennes qu'il avait rencontrées dans son monastère gaulois, il avait gagné le cœur des rois de sa tribu. Ces princes lui offraient des domaines déjà cultivés et même inféodés à d'autres possesseurs ; mais Botulphe refusa de laisser dépouiller qui que ce fût à son profit, et préféra un territoire inculte sur un petit fleuve, non loin de la mer du Nord Ml y fonda (vers 654) le grand monastère d'Jcanhoe, qui est devenu une ville et qui a emprunté son nom moderne de Boston à celui de son fondateur (Botulph\s Town) " . Botulphe s'y appliquait surtout à construire et à régler son monastère sur le modèle des communautés qu'il avait habitées ou visitées sur le continent , c'est-à-dire dans une stricte conformité avec la règle de saint Benoît. Pendant plus d'un demi-siècle, il y A^écut entouré de la vénération et de Famour de ses