RATRA.MNUS CoRBEiENsis, conti'a Grxcos, lib. IV
laNorthiimbrie, lejeûne qu'il pratiquait lui-même, et qui consistait à ne rien prendre avant noue, les mercredis et vendredis de toute l'année, excepté de Pâques à la Pentecôte^ . A Lindisfarne, pendant plus d'un siècle, le vin et la bière demeurèrent inconnus, et la première mitigation de cette sévérité fut introduite en faveur d'unroideNorthumbrie, qui voulut s'y faire moine en 737^.
Ailleurs on renchérissait sur ces usages par des macérations plus redoutables encore. A Coldingham, cet Adamnan dont nous parlions tout à l'heure expiait une faute de sa jeunesse, en ne prenant de nourriture que deux fois la semaine, les dimanches et jeudis, ce qui ne l'empêchait pas de passer très souvent la nuit entière en vigiles. Le remords et la crainte de Dieu lui avaient d'abord imposé ce régime que F amour de Dieu finit par transformer en délices ^ . A Melrose on vénérait un religieux qui, étant tombé en léthargie, avait eu une de ces visions du ciel et de l'enfer, qui firent de plusieurs moines celtiques les précurseurs de Dante : il avait coutume d'aller se plonger dans les eaux de la Tweed, qui enveloppaient l'enceinte monastique, pour y faire ses prières, et cela même quand la rivière était gelée et qu'il lui fallait percer un