Bede, II, 16; III
2. s. Fursco dédit locum ad construcndum monasteriuin, in qiio et ipse post modiini relicto regno monachus factus est Geu v\s. Dorob. ; Act. Pont. Cantuar., p. 1636. Mais Bede dit qu'il entra dans un monastère quod sibi fecerat et que l'on suppose avoir été celui qu'on a depuis connu sous le nom de Saint-Edmundsbury. Cf. Liber Eiiensis, p. 14; éd. de 1848. — Les Bollandistes se fondent sur le double témoignage de Bede et de Thomas d'Ely pour repousser l'opinion commune, qui veut que Sigebert ait été moine sous saint Fursy; t. XII Oclobr., p. 897.
102 L'HEPTARGHIE CONVERTIE
bre, se souvinrent des exploits de leur ancien roi, et allèrent tirer de sa cellule Sigebert, dont le courage et Texpérience guerrière étaient connus des soldats, pour le placer à la tête de leur armée. Il eut beau résister, il lui fallut céder aux instances de ses anciens sujets; mais, pour rester fidèle à sa nouvelle profession, il ne voulut s'armer que d'un bâton, et non d'une épée. Son dévouement fut inutile : il ne put que mourir pour sa foi et son pays. Ce fut avec ce bâton à la main que le roi-moine périt à la tête des siens, sous le fer ennemi' .
Il convient ici de rappeler un trait tout à fait analogue à celui de ce roi saxon, niais qui a pour héros un roi breton combattant contre les Saxons. Tous les deux s'étaient faits moines et furent condamnés malgré eux à sortir du cloître pour aller mourir sur le champ de bataille. Tous les deux appartiennent trop directement à notre sujet pour être passés sous silence. Trente ans donc avant le sacrifice du roi d'Est- Anglie, vers 610, un vaillant roi cambrien, Teu.dric, resté invincible dans tous les combats livrés pendant la durée de son règne, avait abdiqué le trône pour se préparer à la mort par la pénitence. Il s'était caché dans un îlot formé par le cours pittoresque de la Wye, dans ce site sauvage et solitaire où les ruines plus modernes de Fabbaye cistercienne de