‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 44 sur 201 · Bede, 1. c · texte numérisé non relu

Bede, 1. c

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Tinteni attirent aujourd'hui la foule des voyageurs. Mais sous le règne de son fils, les Saxons du Wessex, commandés, parle roi Ceolwulf, franchirent la Saverne, qui depuis un siècle et plus leur servait de limite , et portèrent leurs ravages jusqu'à la Wye . Aux cris de détresse de son peuple, le généreux vieillard quitta la solitude qu'il habitait depuis dix ans, et conduisit de nouveau les chrétiens de Gambrie àla lutte contre les païens saxons. Il attendit ceux-ci au gué par où ils comptaient passer la rivière qui baignait les rives de sa solitude. Une victoire éclatante fut le prix de son généreux dé vouement. A la seule vue du vieux roi, armé de toutes pièces, monté sur son cheval de guerre, une panique s'empara des Saxons, habitués depuis longtemps à fuir devant lui; mais, tout en fuyant, l'un d'eux se retourna pour le frapper mortellement. Il périt ainsi au sein de la victoire, le crâne fendu par le coutelas d'un Saxon. Mille ans plus tard, ce crâne fendu fit reconnaître son héroïque dépouille et ses ossements vénérés dans le cercueil de pierre où ses fidèles l'avaient enseveli, au confluent de la Saverne et de la Wye, à deux lieues du champ de bataille où il avait donné sa vie pour le salut de son pays^ .

1. F. GowiN, de Prxsulibus Angliœ,^. 593, ap. Lingard, 1. 1, p. 152; Làppenberg, p. 54; Liber Landavensis, p. 133, 134; La Borderie, op. cit.\i. 54, qui reporte cet événement à l'an 575, tandis que Làppenberg le fixe, d'après un calendrier anglo-saxon, au 3 janvier 610.

104 L'HEPTARGHIE CONVERTIE

Le successeur de Sigebert, Anna, issu comme lui de la race d'UfFa qui avait fondé le royaume d'Est- Anglie, eut un règne plus long et moins agité. Il fut comme Sigebert, le coopérateur zélé de Félix et de Fursy^ , de Févêque burgonde et du moine celtique, dans l'œuvre de la conversion de son royaume. Gomme lui, il fonda de nombreux monastères, et, comme lui, il eut l'honneur de mourir en combattant pour son peuple envahi et décimé par le détestable Penda (654). S'il ne fut pas moine comme Sigebert, il laissa une nombreuse progéniture destinée à peupler les cloîtres et à expier ainsi la coupable faiblesse de son frère, qui fut roi après lui, et qui, tout en restant chrétien, devint l'auxiliaire du païen Penda contre les chrétiens de Northumbrie.

Conversion du Wessex.

Ce qu'Edwin avait été pour les Angles de FEst, son saint et généreux successeur, Oswald, le fut

1. Fursy, après avoir fondé en Est-Anglie diverses communautés doubles, de moines et de religieuses, selon l'habitude celtique {De Virtutihus S. Fursei, ap.MABiLLON, Act.SS. 0. S. B., t. U, p. 296), quitta la vie cénobitique pour se faire anachorète. Puis, voyant l'Est- Anglie de plus en plus ravagée par les incursions des païens de Mercie, il prononça la dissolution de ses communautés, et s'en alla

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pour les Saxons de TOuest. Ceux-ci, sous le commandement de Cerdic, un de ces chefs sanguinaires et belliqueux que l'on disait descendre en droite ligne du grand dieu Odin, avaient fondé la colonie la plus occidentale de l'immigration saxonne, et cette colonie était devenue unroyaume (493-634) beaucoup plus vaste que les royamne des Saxons de l'Est et du Sud, ou des Jutes du Kent. Condamné par sa situation à des luttes sans fm avec les Bretons de Cambrie et de Cornouailles toujours frémissants d'une haine patriotique contre l'invasion ^ , destiné à absorber un jour les sept autres royaumes de l'Heptarchie, ce royaume, qui s'étendait de la Tamise à la Saverne, était gouverné, du temps d'Oswald, par deux frères, Cuichelm, auteur de l'assassinat dont Edwin avait failli être victime-, et Cynegils, père d'une fille qu'Oswald avait demandée en mariage. Oswald venait luimême chercher sa fiancée, lorsqu'il rencontra à la résidence du roi de Wessex un missionnaire nommé Birinus. Cetévêque, qui n'était peut-être pas

en France, où il fut bien reçu à la cour de Clovis H, ce grand protecteur des moines irlandais. Il y fonda le monastère de Lagny et mourut en 650. Nous avons parlé de lui parmi les successeurs de saint Colomban en France, t. H, p. 625, et nous retrouverons son frère et ses disciples parmi les missionnaires irlandais de la Belgique.

1. Britannos antiques libertatis conscientia frementes, et ob hoc crebram rebellionem méditantes. Wilhelm. Malmesb., 1, 2.

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