‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 71 sur 201 · Bede, Vita S. CiUhberti, c · texte numérisé non relu

Bede, Vita S. CiUhberti, c

son jeune et royal ami, avec l'intention expresse de lui procurer ainsi le moyen de propager les règles et la doctrine qu'il préférait (661-664). C'était la guerre qui commençait, une guerre dont Wilfrid ne devait pas voir la fin, quoiqu'il l'ait menée pendant un demi-siècle ^ .

Wilfrid en était alors au plus doux moment de sa vie. Il usait des largesses de son ami pour obéir aux généreux penchants de son cœur et répandre d'abondantes aumônes : il voyait graduellement s'étendre et se fortifier les idées qui lui étaient si chères : il jouissait de la protection d'un prince qui était à la fois pour lui un frère et un fils : enfin il était presque aussi cher au peuple de la Deïra qu'à son roi. Les nobles et les autres Northumbriens étaient épris de lui et le tenaient pour un prophète^.

Wilfrid, abbé déjà, n'était pas encore prêtre. Alchfrid désirait vivement que son ami pût être en même temps son confesseur et demeurât en quelque sorte attaché à sa personne ^ . Il n'y avait alors

1. Rien de plus singulier que la façon tout à fait différente dont le môme historien rend compte des mêmes événements dans deux ouvrages divers. Et cet historien n'est autre que le vénérable Bede! Dans son Histoire ecclésiastique, \\ semble traiter les moines expulsés d'opiniâtres et de rebelles : Hist. eccles., UT, 25; V, 19. Dans sa Vie de Cuthbert, il les honore comme des victimes d'un orage imprévu : C.8-

2. INobiles et ignobileseum habebant quasi prophetamDei, ut erat. Eddius.

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