Bede, V
DE WILFRID A ^YHITBY. 157
qu'un évêque pour toute laNorthumhrie, Colman, Févêquc celtique de Lindisfarne. Ce n'était pas de lui que Wilfrid eût voulu recevoir le sacrement de l'ordre. Mais, siu^ ces entrefaites, le jeune roi reçut la visite de cet Agilbert, Franc de naissance, élevé en Irlande, et qui, étant devenu évêque du royaimie de Wessex, avait perdu la moitié de son diocèse parce que le roi de ce pays, fatigué d'entendre prêcher autrement qu'en saxon, s'était avisé de constituer un autre évêque sans le consentement d' Agilbert. Celui-ci n'avait pas voulu sanctionner cet abus de pouvoir et avait renoncé à son siège'. Bien que le roi de Wessex fut l'intime ami d'Alchfrid, ce fut à la cour des rois northumbriens que l'évêque démissionnaire vint chercher d'abord un refuge avant de retourner dans sa patrie, Alchfrid lui fit connaître les vertus et la bonne renommée de Wilfrid, en vantant son humilité, sa ferveur dans la prière, sa prudence et sa bonté, sa sobriété, vertu toujours très admirée par les Anglo-Saxons, qui ne la pratiquaient guère, puis et surtout le don qu'il avait de commander avec autorité et de prêcher avec clarté. (( Un tel homme est fait pour être évêque, » dit Agilbert, qui n'hésita point à l'ordonner prêtre dans son monastère de Ripon, et, comme l'avait de-