Bede, 1. c
DE WILFRID A WHITBV. 165
terre saxonne. A cette phase delà lutte, on ne trouve non plus aucune mention ni des cérémonies du baptême, ni des usages contraires au célibat ecclésiastique ^ , ni d'aucun des autres points naguère contestés. La différence des deux tonsures, à laquelle Wilfrid attachait une si grande importance, et qui devait évidemment frapper avant tout Tattention comme les regards des Anglo -Saxons convertis, n'est pas même nommée dans les longues discussions dont on nous a conservé le texte ^ . Tout roule exclusivement sur la célébration de la Pâque.
Rien de plus fastidieux et de plus compliqué que ce différend pascal ; rien de plus difficile à comprendre et surtout à expliquer. Essayons toutefois de dégager quelques notions précises du fond des interminables dissertations des auteurs contemporains et même des historiens plus récents. Dès les premiers temps du christianisme la division avait éclaté
1. 11 est aujourd'hui bien démontré que, dans l'Église celtique, les diacres ou prêtres ne se sont jamais écartés des doctrines romaines sur le célibat. On a pu attaquer leur continence comme l'a fait Gildas pour le clergé breton, mais on n'a jamais pu prouver qu'ils eussent regardé le mariage comme un remède à cette incontinence. Il y avait des prêtres dépravés avec des concubines (subintroductse) ; il y avait des clercs au-dessous des ordres majeurs, vivant avec leurs femmes, mais rien de plus : et surtout aucune tentative d'ériger en doctrine ou en habitude régulière le mariage des prêtres.
2. Cependant Bede, qui nous a conservé tous les discours, dit en parlant de la tonsure : Et de hoc quœstio non minima erat. III, 26.
sur la date de la célébration de la Pâqiie. Quelques Eglises d'Asie Mineure suivaient l'usage des Juifs, en la fixant au quatorzième jour du premier mois lunaire de l'année. Mais toutes les Églises d'Occident, de Palestine, d'Egypte, l'avaient fixée au dimanche après le quatorzième jour du mois le plus voisin de l'équinoxe du printemps, afin de ne pas la fêter avec les juifs, et le Concile général de Nicée avait érigé cet usage en loi générale de l'Eglise (325) . Ceux qui n'avaient pas reconnu cette loi et s'obstinaient à célébrer le quatorzième jour furent tenus pour hérétiques et schismatiques, sous le nom de quarto-décimans , C'est fort injustement que Fou a imputé à l'Église celtique une complicité quelconque avec cette hérésie, comme le firent les chefs du clergé romain dans une bulle adressée en 640, pendant la vacance du Saint-Siège, aux évoques et aux abbés du nord de l'Irlande ^ . Les Celtes n'avaient eu d'autre tort que celui de ne pas se tenir assez au courant des difficultés qui s'étaient élevées au sujet de la manière de déterminer le commencement de ce premier mois lunaire qui devait être le mois pascal. Comme on l'a déjà dit à l'occasion de la lutte entre saint Augustin et les Bretons de Cambrie " , ils étaient restés fidèles à l'usage qui prévalait à Rome