Bediî, 01, 23, 28, clc
pour y procéder à l'élection crim évèqiie résolu à faire des usages romains la loi de sa conduite. Les thanes northumbriens, consultés parles deux rois, répondirent d'une commune voix que nul n'était, dans toute la nation, plus digne de l'épiscopat que Wilfrid, déjà prêtre et abbé. Il se trouvait, lui aussi, à l'assemblée et voulut d'abord se dérober à l'élection. Mais il lui fut commandé, au nom du Seigneur et de la part des rois et de tout le peuple northumbrien, d'avoir à se rendre au choix unanime'.
C'était là pour les observances romaines une grande victoire. Jamais elle ne fut pardonnée par les vaincus et Wilfrid dut l'expier pendant tout le reste de sa vie. Les dissidents northumbriens s'étaient soumis à la décision de Wihtby; mais ils conservaient contre le vainqueur une implacable antipathie. La grande abbesse Hilda, les moines celtiques de Lindisfarne, tous ceux qui restaient fidèles à la sainte mémoire d'Aïdan, à celle encore plus vénérée de Columba, semblent avoir fait contre Wilfrid le serment d'Annibal. Réduits à l'impuissance sur la question pascale, où ils ne pouvaient lutter contre Rome, ayant derrière elle toute l'Eglise, ils reprenaient l'avantage quand il ne s'agissait plus que de la personne de Wilfrid, cher
l. Neminem habeinus nieliorem et digniorem noKStrœ gentis qiiam Wilfiklum... Eddils, c. 2.
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au fils du roi, mais par là même peut-être moins agréable à Oswy qui, tout en adoptant la Pâque romaine, ne pouvait avoir renié toute trace de son attachement aux idées et aux coutumes de sa jeunesse.
Wilfrid choisit d'ailleurs cette occasion pour manifester, plus encore peut-être qu'à Whitby, le côté excessif et exclusif de son caractère. Une voulut être sacré par aucun des évêques de son pays, pas même par le métropolitain de Cantorbéry. Quoiqu'ils fussent tous en communion avec le Saint-Siège, et que plusieurs d'entre eux soient encore aujourd'hui vénérés parmi les saints \ il se crut le droit de les assimiler, de son autorité privée, à des schismatiques. « Seigneurs rois, » dit-il, (( il me faut avant tout songer au moyen d'arriver à (( l'épiscopat par votre élection sans m'exposer aux (( reproches des vrais catholiques. 11 y a dans cette (( île beaucoup d'évêques qu'il ne m'appartient pas (( d'accuser, mais ils ont ordonné des Bretons et des (( Scots que la chaire apostohque n'a point reçus (( dans sa communion, parce qu'elle ne reçoit pas oc ceux quicommunient avec les schismatiques". Je