‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 13 sur 274 · Leo OsTiENSis, Chron. Casinen., m · texte numérisé non relu

Leo OsTiENSis, Chron. Casinen., m

Je n'entreprendrai point ici défaire la description de l'état actuel du Mont-Cassin, ni de retracer son histoire. J'aime mieux renvoyer, pour cette description, àdeux notices exactes et substantielles, l'une de M. Adolphe de Circourt, au tome IX de la Revue des Deux Dour- (jognes, 1839, et l'autre de M. Dantier, au tome X de la Revue con- (empo7'aine^, 1853. Je me borne à indiquer ici les parties de l'immense et splendide abbaye que la tradition fait remonter jusqu à l'époque de saint Benoît. Ce sont: r la porte d'entrée, dont la voûte très basse indique le joug d'humilité sous lequel la règle obligeait les religieux à se courber ; on y lit cette inscription : Forniceni saxis asperumac depressum tantse moli aditum angustum ne luircris, hosiies. Angustum fecit palriarclix sanctitas : venerare

à extirper de la contrée les restes du paganisme, puis à faire construire son monastère par les bras de ses disciples, à cultiver les flancs arides de sa

potius et sospes ingredere;2'^ la portion inférieure de la tour carrée qui couvre cette porte, et que Ton croit avoir servi d'habitation à saint Benoît et à ses premiers compagnons, ainsi que l'indiquent ces inscriptions posées dans deux appartements distincts : Pars inferior turris,'in qua S. P. N. Benedictus dum viveret habitabatf et à côté : Vetiistissimum habilaculum in quo SSmi patriarchœ discipuU quiescebant. — A l'étage supérieur de la même tour, une autre inscription affirme que ce fut de là que le saint eut la vision de la mort de sa sœur et de l'évêque saint Germain. — A l'ex-térieur du monastère, on montre l'emplacement consacré par la tradition, où Benoît se mit en prière avant de poser la première pierre de sa nouvelle demeure, et celui où sainte Scliolastique, sa sœur et son auxiliaire, se reposa en gravissant pour la première fois la cime du rocher.

Quanta l'histoire de l'archimonastère, outre qu'il en sera fait sans cesse mention dans ce qui va suivre, il faut renvoyer le lecteur curieux au livre spécial qu'a publié un savant et zélé religieux du Mont-Cassin, dom Luigi Tosti, en trois volumes, à Naples, en 1842. Bornons-nous aux dates suivantes : détruit une première fois par les Lombards en 583, le monastère fut reconstruit par labbé Petro? nax, sous Grégoire II, en 731, et consacré par le Pape Zacharie en 748 ; puis, détruit de nouveau par les Sarrasins, qui massacrèrent la plupart des moines en 857, il fut de nouveau reconstruit par l'abbé Aligern vers 950, et consacré par Alexandre II en 1071. Après beaucoup d'autres calamités, il fut réédifié de fond en comble en 1649,etconsacrépour la troisième fois par Benoît XIII en 1727. — Au temps de sa splendeur, l'abbé était premier baron du royaume de Naples et administrateur d'un diocèse spécial érigé en 1321 et composé de 37 paroisses. On comptait parmi ses dépendances 4 évéchés, 2 principautés, 20 comtés, 250 châteaux, 440 villes ou villages, 336 curies ou manoirs, 23 ports maritimes, 33 îles, 290 moulins, 30O territoires, 1662 égUses. (H/EFTEN., Comment. \in. vit. S. Bened., p. 105.) On évaluait ses revenus à la somme énorme de 500^000 ducats à la fin du xvi^ siècle. Mais toute cette splendeur disparut graduellement, d'abord par l'effet de la commende, dont l'abbaye du

moiitagnc ' et les campagnes dévastées d'alentour, mais surtout à répandre sur tout ce qui l'approchait les bienfaits de la loi de Dieu, pratiquée avec une ferveur et une charité que nul n'a surpassées. Quoiqu'il n'ait jamais été revêtu du caractère sacerdotal, sa vie au Mont-Gassin fut plutôt celle d'un missiomiaire et d'un apôtre que d'un solitaire. 11 n'en demeura pas moins le chef vigilant d'une commmiauté de plus en plus nombreuse et florissante. Habitué à se vaincre en tout et à lutter avec les esprits infernaux, dont les tentations et les apparitions ne lui manquèrent pas plus qu'aux anciens Pères du désert-, il avait acquis le don de lire dans lésâmes et de discerner leurs plus secrètes pensées. Il n'en usait pas seulement pour diriger les jeunes

Mont-Cassin devint la proie au xv<' siècle, puis des guerres et des révolutions de l'Italie. Dépouillée et rançonnée une dernière fois par les Français sous Championnet, transformée en simple bibliothèque par le roi Joseph Bonaparte en 1805, elle avait retrouvé depuis la restauration des Bourbons et avant les récentes perturbations de l'Italie, un reste de vie et de fortune qui tendait à se développer sous le souffle fécond de la renaissance monastique dont le XIX* siècle peut se glorifier d'avoir donné le signal.

1, Arida tu cujus hortis componis amœnis

Nudaque fecundo palmite saxa tegis.

Mirantur scopula fruges, et non sua poma, Pomiferisque viret silva domata comis.

Carmen de S. Bened., ciuct. Mvrco, discip.

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