‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 140 sur 274 · Steimien, loc.cit. — Henri Martin, p · texte numérisé non relu

Steimien, loc.cit. — Henri Martin, p

inepte et minutieuse croissait en raison de la faiblesse, eussent-elles pu résister aux flots successifs des Barbares? Seule, l'aristocratie arverne, que semblait animer encore le souffle du grand Yercingétorix et qui avait conservé, on ne sait comment, la spupathie populaire, lutta avec l'opiniâtreté du désespoir contre les Visigoths d'abord, puis contre les fils de Glovis. Partout ailleurs la domination barbare fut acceptée comme une sorte de délivrance.

C'en était une, en effet, car les peuples germains apportaient avec eux l'énergie \in\e qui manquait aux serfs de l'empire. La vie s'était retirée de partout : ils en inspirèrent une nouvelle au sol qu'ils (Mivahissaient conmie aux honmies qu'ils incorporaient à leur domination victorieuse. Ce qu'il restait du patriciat gaulois dut les voir arriver avec effroi ; mais qu'avaient à perdre les colons ruraux et les petites gens des villes à ce changement de maître ? Tout au contraire, ils ne pouvaient que gagner à la destruction de cette fiscalité romaine, la plus rapace qu'on ait jamais rêvée. Prendre pour soi mie quote-part, la moitié ou le tiers, des biens fonciers ou des esclaves, conmie firent les Burgondes et les V'isigoths, mais en même temps exempter tout le l'esté des exactions qui, sous les Romains, réduisaient les propriétaires à abandonner au fisc tout

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leur avoir, c'était évidemment apporter un soulagement réel à un état de tout point insupportable' .

Quant aux Francs, rien n'indique qu'ils aient opéré des confiscations en masse. Les découvertes de l'érudition moderne ont au contraire établi qu'ils avaient généralement respecté la propriété privée des Gallo-Romains. Ils se contentèrent, selon toute apparence, des territoires qui leur avaient été d'abord concédés par les empereurs, puis des vastes espaces de terrain inculte délaissés par suite de l'appauvrissement universel, qu'ils se partagèrent entre eux par le sort, à titre d'alleux, tandis que leurs rois s'attribuaient les domaines incommensurables (kl fisc impérial. Ajoutons qu'en expulsant les magistrats romains, ils semblent s'être peu immiscés dans l'administration municipale et y avoir laissé aux évêques la principale part, et l'on concevra que le plus récent de nos historiens ait pu affirmer que la masse populaire avait plus d'horreur pour l'oppression savante et systématique de l'empire que pour le régime brutal et capricieux des Barbares*.

En outre, les Romains de l'empire, comme on l'a souvent remarqué, avaient transporté en Gaule

1. Pal'lRoth, Geschiclitc des Beneflzialœeseiis . — Léo, Ursprung des deutschen Volkes und Reiches, p. 324. — Cantu, Storia degV Italiani, ch. 63. — Stepiien, loc. cit., p. 300. — Le Huérou, p. 268.

2. Henri Martin, p. 354. — Le Hlérou en fournit la preuve par des textes irréfragables, op. cit., p. 251.

le principe qui leur était propre, le principe fatal de la suprématie des villes. Les Germains au contraire, dans leur état primitif, ne connaissaient que la vie des champs, la vie rurale et sylvaine. Le village était comme cela se voit encore dans l'Inde, la base de leur existence nationale. En venant conquérir la Gaule, ils rendirent la vie aux campagnes; ils y créèrent le village, la commune rurale et libre, et les émancipèrent de la domination urbaine; ils y constituèrent l'élément prépondérant de la nouvelle nationalité. Cette prépondérance ne fit que se manifester et se consolider de plus en plus, à mesm^e que la féodalité se développa et s'enracina dans le sol.

Les Francs d'ailleurs , rendirent à la Gaule le service capital qu'elle attendait en vain des derniers empereurs. Saint Jérôme nous a laissé la formidable énumération des nations barbares qui l'avaient envahie sous la domination impériale, ce Tout ce qui se trouve entre les Alpes et les P\Ténées, entre le Rhin et FOcéan, a été dévasté par le Quade, le Vandale, le Sarmate, l'Alain, le Gépide, l'Hérule, le Burgonde, l'Aleman et, ô calamité suprême! par le Hun ^ . )) Vénus après tous ces féroces prédécesseurs, qui tous, excepté les Burgondes, n'avaient fait que passer sur la Gaule comme un ouragan,

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