‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 141 sur 274 · Epist. aclAfjei'uchlam, t. IV, p. 748; édit · texte numérisé non relu

Epist. aclAfjei'uchlam, t. IV, p. 748; édit

COiNQUISE PAR LES FRANCS. 2G9

les Francs eu fermèrent Taccès aux autres peuples païens qui se pressaient sur leurs pas. Ils se retournèrent contre le courant c[ui les avait eux-mêmes apportés. Ils tinrent vigoureusement tête aux Alemans, aux Saxons, aux Slaves, aux Avares, qui, sans eux, auraient franchi le Rhin et envahi la Gaule. Devenus chrétiens, non pas en masse et tout à coup, à la suite de Clovis, comme on se l'est à tort figuré, mais très graduellement et très lentement', ils firent face aux ennemis de la chrétienté. Ils restèrent, longtemps après leur conversion, sauvages, avides et cruels comme auparavant. Us ne se transformèrent pas en un jour. Deux siècles de guerres fratricides entre les rois mérovingiens ne le démontrent que trop, en même temps qu'elles constatent l'espèce de vénération superstitieuse, d'idolâtrie païenne que les Francs professaient pour cette dynastie aux longs cheveux, dont ils dépo-

1. Plus d'un siècle après Clovis, on trouve encore des païens parmi les Francs du rang le plus élevé. Saint Loup, évèque de Sens, exilé par Clotaire II vers 615, fut confié à la garde d'un duc nommé Boson qui était encore païen, et qui occupait les bords de l'Oise, « ubj erant templa phanaticaa decurionibus culta... preedictum ducem vita\ilin\itmlàvsicro,2)lurimiu)iqueFi'ancorum exercitiim, qmsidhuc erroris delinebatur laquis, illuminavit per baptismum. » Act. SS. BoLLAND., t. I Sept., p. 259. — Le deuxième successeur de saint Colomban à Bobbio, l'abbé Bertulfe, mort en G'îO, était païen de naissance, quoique proche parent de saint Arnould, évèque de Metz. On verra plus loin que les Francs établis en Belgique restèrent en grand nombre idolâtres jusque dans le viii*" siècle.

saient, dont ils égorgeaient en détail les rejetons, mais en dehors de laquelle nul ne s'avisait encore de chercher des chefs d'un autre sang.

Il ne faut donc pas nier leur barbarie; il faut non seulement croire tout ce que les historiens en rapportent, mais bien se dire que, comme pendant toute l'antiquité, leurs récits sont loin d'atteindre tout ce qu'il y eut ce de tyrannies ignorées, de spoliations impunies, de ruines sans vengeurs ^ ». Mais il ne faut pas croire que les Francs fassent, connue on l'a prétendu, moins civilisés, moins humains, plus oppresseurs que les autres Barbares. A aucun point de vue, on n'a le droit de les placer au-dessous des Visigoths ou des Burgondes. Ils avaient notamment tout autant de goût et d'attrait pour la culture des lettres et de l'esprit. La chapelle que les rois mérovingiens instituèrent dès les premiers temps de leur conversion, l'école qui y fut aussitôt attachée, comme une dépendance inséparable de la résidence royale, devinrent promptement une pépinière de clercs instruits et zélés, où la jeune noblesse franque et gallo-romaine puisait l'instruction la mieux adaptée au temps et aux mœurs d'alors. Les charges importantes de l'Église et de la cour se donnaient à ceux qui s'y étaient distin-

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