AuG. Thierry, Récils mérovingiens, t. II, p
CONQUISE PAR Lh:S FRANCS. 277
principaux de la nation, sous le nom de fidèles \ Mais cette fidélité ne les empêchait pas d'opposer à la violence du maitre des violences non moins redoutables et souvent non moins illégitimes, ce Adieu, » disait une députation de seigneurs austrasiens au roi Gontran de Bourgogne , petit-fds de Glovis; (( adieu, ô roi! nous prenons congé de toi, « en te rappelant que la hache qui a brisé le crâne (( de tes frères est encore bonne ; et bientôt c'est à (( toi qu'elle fera sauter la cervelle' ».
Par quel changement prodigieux ces barbares, à peine baptisés, devinrent-ils le peuple chéri de l'Église et la race d'élite du monde chrétien? C'est ce qu'on verra dans la suite de ce récit. Dès à présent il faut reconnaître que, par un privilège unique, ils ne furent jamais ariens. Seuls, parmi les conquérants barbares de l'empire romain, ils ne laissèrent pas leur énergie et leur simplicité devenir la proie de cette hérésie dont nul n'a encore expliqué l'inconcevable et irrésistible ascendant sur toutes les nations germaniques, et qui, vaincue chez les vieux peuples chrétiens, sut se créer au sein même de leurs vainque m^s un triomphant asile. Fermer l'accès de la Gaule à tous les autres barbares, et à
1. Antrustion, homme de la foi {trust} du chef, terme traduit dans la version latine de la loi salique par celui de convtva régis.