‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 154 sur 274 · Chef-lieu de canton dans l'Allier · texte numérisé non relu

Chef-lieu de canton dans l'Allier

302 LES PREMIERS MEROVINGIENS

« coite du pauvre, ou bien je vous excommunie. — Eh quoi ! » dirent ces Francs, révoltés dePoutrecuidance du moine, « tu n'es pas encore évêque, (( et déjà tu nous menaces d'excommunication ! ~ « C'est le roi » , répondit le moine, « qui m'arrache (( de mon monastère pour me faire évêque : que la (( volonté de Dieu soit faite, mais quant à la volonté (( du roi, elle ne se fera pas quand il voudra le « mal, en tant que je pourrai rempêclier ». Làdessus, il se mit à chasser lui-même les chevaux des champs qu'ils dévastaient. Et pendant tout son pontificat, le roi Thierry et son fils Théodebert, dont les mœurs étaient dissolues comme celles de tous les Mérovingiens, eurent à subir le zèle apostolique de Nizier. Il disait toujours : « Je suis prêt (( à mourir pour la justice » . Il brava de même le terrible Clotaire, qu'il priva des sacrements et qui, après beaucoup de menaces, finit par prononcer contre lui la peine du bannissement. Tous les autres évêques, devenus, s'il faut en croire Grégoire de Tours, les adulateurs du roi, l'avaient abandonné, ainsi que tout son clergé. Un seul diacre lui était resté fidèle et l'accompagnait sur la route de l'exil. Nizier l'engageait à faire comme les autres. « Vive « Dieu! » répondit ce brave homme, « tant que (( j'aurai un souffle de vie dans le corps, je ne t'a- « bandonnerai pas . » Tous deux ch eminaient encore

vers la terre étrangère, quand la nouvelle de la mort de Clotaire vint les arrêter et garantir au courageux évêque la liberté de reprendre le gouvernement de son diocèse' .

Clodomir, roi d'Orléans, le second des fils de Clovis, vit également la noble figure d'un moine, d'Avitus, abbé de ce monastère de Micy, en Orléanais, que son père avait fondé, se dresser devant lui lorsque, au moment d'entreprendre sa seconde campagne contre les Burgondes, il voulut se dél^arrasser de son prisonnier, le roi Sigismond, qui avait cherché en vain un refuge dans son bien-aimé cloître d'Agaune. Le refigieux venait lui rappeler les droits de la pitié et lui prédire les arrêts de la justice divine. (( 0 roi ! » lui dit-il, (c songe à Dieu : si tu renonces (( à ton projet, si tu fais grâce à ces captifs. Dieu (( sera avec toi et tu seras de nouveau vainqueur ; (( mais si tu les tues, toi et les tiens vous subirez <( le même sort'. » Clodomir répliqua : « C'est un (( sot conseil que de dire à un homme de laisser (( son ennemi derrière lui » . Il fit égorger et jeter dans un puits Sigismond, sa femme et ses deux enfants. Mais la prédiction d'Avitus s'accomplit. Clodomir fut vaincu et tué; sa tête, fixée au bout d'une pique, fut promenée triomphalement dans les

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