In Rufimun, 1. i, v
Cette tradition durait encore au vf siècle et s'était répandue jusqu'aux extrémités du monde romain. Procope, contemporain des fils de Glovis, raconte que les pêcheurs qui habitaient ces côtes avaient été exemptés, par les conquérants francs, de tout tribut, parce qu^ils étaient chargés de conduire les âmes des défunts jusque dans la Grande-Bretagne. « Vers minuit, » dit Thistorien byzantin, « on heurte à leur porte, ils entendent appeler tout bas; ils se lèvent et courent au rivage; ils y trouvent des barques étrangères où ils ne voient personne, mais qu'il leur faut conduire à la rame ; et ces barques sont si pleines de passagers invisibles qu'elles sem- Jjlent au moment de sombrer, et s'élèvent à peine d'un doigt au-dessus de l'eau. En moins d'une heure le trajet est accomph, bien qu'il leur faille plus d'une nuit pour le faire avec leurs propres nacelles. Arrivés au bout, les navires se déchargent au point de laisser voir leur carène. Tout demeure invisible ; mais les matelots entendent une voix qui appelle une à une les âmes voyageuses, en qualifiant chacune d'elles par la dignité dont elle a été revêtue, et en y ajoutant le nom de son père, ou, si c'est une femme, celui de son mari ' . »
C'est sur cette terre, échue de tout temps en patrimoine à la poésie légendaire, qu'on ^ it s'abattre