Grec. Tur., m — Fortunat
Nous voyons seulement que ce crime fut le signal de sa délivrance. Avec la permission de son mari, obtenue on ne sait comment, cWq quitta la résidence royale de Soissons et s'en vint à Noyon auprès de l'évêque Médard, qui avait sur le roi et sur toute la nation un extrême ascendant.
Elle va le trouver à l'autel où il célébrait et le supplie de la consacrer à Dieu en lui donnant le voile. L'évêque hésite et résiste ; les seigneurs francs qui se trouvaient là l'entourent , le font descendre violemment de l'autel et lui interdisent de consacrei* à Dieu une femme dont le roi avait fait une reine en l'épousant publiquement. Mais alors Radegonde va prendre dans la sacristie un habit de religieuse dont elle se revêt elle-même, et, revenant vers l'autel, elle dit à l'évêque : « Si tu tardes à me con- (( sacrer, si tu crains plus un homme que Dieu, le (( bon pasteur te demandera compte de l'âme de (( sa brebis » . A ces mots, Médard demeure comme frappé de la foudre, et aussitôt il lui impose les mains et la consacre diaconesse' . Glotaire lui-même n'osa pas d'abord revenir sur ce qui avait été fait. La nouvelle religieuse , usant de sa liberté reconquise, allait de sanctuaire en sanctuaire, semant partout, en guise d'offrandes, ses bijoux et ses vêtements de reine. Franchissant la Loire, elle s'ar-