‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 194 sur 274 · Vita S. Marjlorii, c. 10 et H · texte numérisé non relu

Vita S. Marjlorii, c. 10 et H

Tel fut, entre mille antres, Ragnosvinthe, homme illustre et maître d'un vaste territoire clans le pays chartraiii :, ayant appris que Tabbé Launomar était venu s'établir dans un endroit de ses domaines autrefois habité, mais alors envahi par la végétation, le leude, enflammé par l'amour de Celui dont il vénérait l'image dans l'homme de Dieu qui s'était fait son hôte, lui fit abandon perpétuel de la propriété d'un canton de bois soigneusement délimité (563)'.

Les moines ne refusaient pas ces donations lorsqu'elles leur venaient d'une origine légitime et naturelle. Mais il ne faudrait pas croire qu'ils fussent prêts à tout recevoir et de toute main, car ce même Launomar, à qui un autre noble, se sentant malade à mort, avait envoyé quarante sols d'or comme prix des prières qu'il lui demandait, sut très bien les renvoyer, parce qu'il se doutait que cette somme provenait des rapines dont le moribond était coutumier. En vain le porteur de ces largesses l'avait-il poursuivi jusque dans son oratoire, sous prétexte d'y prier avec lui, et avait-il déposé ses pièces d'or sur Tautel, en ayant soin de les montrer et de les peser une à une pour les faire valoir. « Non, » dil l'abbé, « reprenez votre argent et reportez-le vite à « votre maître ; dites-lui de ma part que cet argent

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