‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 224 sur 274 · CoLETTi, Concilia, t. VIF, p · texte numérisé non relu

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DÉFKICHEMENTS MONASTIQUES. 459

(riinmcnses régions plus qu'à moitié inhaljilées, si ]('s moines n'étaiont vomis seconder et remplacer le clergé séculier en fondant sur mille points divers, et précisément dans les recoins les moins accessibles, leurs cellules et leurs oratoires? Ces oratoires devenaient avec le temps des églises; autour d'elles se groupaient les chaumières des paysans : ceux-ci étaient sûrs désormais d'avoir part à tous les bienfaits de la paternité spirituelle, conférés par des hommes souvent issus des races les plus nobles et les plus puissantes parmi les maîtres et les conquérants du pays, qui partageaient volontairement leurs fatigues et leurs privations, qui menai(Mit une vie aussi rude et plus rude même que la leur, et qui ne leur demandaient en échaui^e de ces services et de ces exemples, qne de se joindre à eux pour louer le Seigneur.

Nos solitaires, redevenu s souvent malgré eux les pères et les chefs d'une nombreuse progéniture, se voyaient ainsi entourés d'une double famille, celle de leurs disciples et celle de leurs clients, la communauté monastique et la connnunauté rustique, toutes deux réunies par la foi, par le travail et par la prière commune. Partout éclatait , au sein de ces forêts si longtemps inabordables et de ces déserts désormais repeuplés, l'hymne de la joie, de la reconnaissance et de Tadoration. La pro})hétie

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d'Isaïo se vérifiait sous leurs yeux pour eux et par eux : Vous sortirez avec allégresse; vous marcherez dans la paix; les montagnes et les collines chanteront devant vous et tous les arbres de la forêt applaudiront; le cèdre croîtra en place du jonc ; le myrte fleurira au lieu de V ortie; et vous ferez retentir partout le nom du Seigneur comme un signal éternel qui ne se taira plus^ .

Faut-il l'avouer ? il m'arrive quelquefois de tendre l'oreille et d'écouter si je ue surprendrai pas, à travers l'océan des Ages, quelque faible écho de cette ravissante harmonie? Certes, jamais il ne s'est élevé de la terre vers le ciel concert plus doux que cette symphonie merveilleuse de tant de voix pieuses et pures, enthousiastes et fidèles, sortant toutes à la fois du sein des clairières et des vieilles flitaies, du flanc des rochers, du bord des cascades et des torrents, pour célébrer leur nouveau bonheur, ainsi que les oiseaux sous la feuillée ou que nos chers l)etits enfants, en leur charmant ramage, quand ils saluent, les uns comme les autres, avec la confiante joie de l'innocence, l'aube d'un jour dont ils ne prévoient ni les orages ni le déclin.

1. Quia in la3litia egrcdiemini et in pace deduceniini : montes et colles canlabunt coram vobis laudeni, et omnia ligna regionis piandent manu. Pro saliunca ascendet abies, etpro urtica cresœt niyrtus, et erit Dominus nominatus in signum œternum, quod non auferetur.

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