CHAPITRE PRE.MIER Conversion de l'Irlande
L'Irlande, convertie par deux esclaves, devient chrétienne sans avoir été romaine. — Histoire et légende de saint Patrice ; les lois des Bretons; les bardes et les esclaves. — Patrice et Ossian. — Sainte Brigitte; la lampe de Kildare. — Les monastères irlandais : Bangor; saint Liian. — Les missionnaires irlandais.
Pendant qno les missionnaires du Mont-Cassin plantaient lentement et obscurément dans le nouveau royaume des Francs l'Ordre dont saint Grégoire le Grand, par son exemple et par ses disciples, régularisait et propageait partout l'observance (o90-603) , un homme avait paru, dans TÉglise et en Gaule, comme le type d'une race et d'un esprit à part . Moine et législateur monastique comme Benoit, il menaça un moment d'éclipser et de remplacer dans le monde catholique l'institut bénédictin. Ce fut saint Colomban .
Il venait du nord, comme saint 3Iaur était venu du midi. Il était né en Ii'lande; il amenait avec lui une colonie de moines irlandais, et il nous oblige a
faire un retour sur cette race et cette contrée dont
il a été le plus illustre représentant parmi nous.
L'Irlande , cette île vierge oii jamais proconsu] n'avait mis le pied, qui n'avait jamais connu ni les exactions de Rome ni ses orgies, était aussi le seul lieu du monde dont l'Év angile eût pris possession sans effusion de sang. Ainsi en parle Ozanam% et véritablement personne n'en a mieux parlé, bien qu'il convienne de se tenir quelque peu en garde contre son admiration excessive qui l'a porté à grandir outre mesure le rôle des Irlandais du \f au xn'' siècle, en leur attribuant trop exclusivement ce besoin de propagande et d'expansion, cette soif d'enseignement et de conversion qui caractérisa toute l'Église et tout l'Ordre monastique pendant cette longue et glorieuse période. La prépondérance de la race irlandaise dans l'œ ivre de la prédication et de la conversion des nations païennes ou à demi chrétiennes, surtout au \if siècle, n'en demeure pas moins incontestable; la France, la Suisse, la Belgique, T Allemagne, lui en doivent d'immortelles actions de grâces. Cette branche de la i^rande famille des peuples celtiques connus sous le nom (ÏHiberiiienSjde Scots ou de Gaëls, et dont les descendants el la langue ' ont survécu jusqu'à nos jours en